vendredi 18 décembre 2009

Critique de Silent Hill - Sinners Reward



En 1999, l’industrie du jeu vidéo est encore sous le choc d’une révolution vidéo ludique, le terrifiant Resident Evil. Capcom s’est imposé avec ce jeu comme le mètre étalon du jeu vidéo d’horreur, un genre qui débute à peine sur console, avec l’appelation de Survival Horror. (Même si sur Pc, on assiste déjà à quelques tentatives surprenantes, comme le film interactif Phantasmagoria).

Mais Konami, autre société japonaise d’édition de jeux vidéos va créer la surprise en contestant la suprématie de Capcom avec son jeu Silent Hill. Moins orienté action, le titre bénéficie d’une atmosphère aussi mystérieuse qu’effrayante. Mais surtout, les auteurs ont pris la peine d’écrire un scénario mêlant conscient et inconscient, où le symbolique l’emporte sur le concret.



Cette profondeur inédite fait de Silent Hill bien plus qu’un clone de Resident Evil. Le succès est au rendez vous, et la saga a eu droit a 5 autres épisodes (6 si on compte le remake du premier volet qui devrait sortir d’ici quelques mois sur la wii), ainsi qu’une adaptation cinématographique par le réalisateur français Christophe Gans. Ce n’était donc qu’une question de temps avant que d’autres médias ne s’approprient la licence.

La transposition sur papier d’une œuvre créée pour mêler visuel et sons pose quelques questions : comment retranscrire l’ambiance sonore perturbante qui ponctue les jeux et le film ? La peur sera-t-elle encore au centre du récit ?

Comme souvent, les premières cases donnent le ton : le découpage est étudié précisément, de manière à ce que chaque page offre un nouveau mystère. L’univers graphique, plus proche de l’esquisse d’un Gabriel Del’Otto que du crayonné d’un John Romita Jr, créé une ambiance envoûtante, réelle mais aux frontières floues. Le voyage s’annonce mouvementé, et ce avant même que les personnages n’atteignent le panneau « welcome to Silent Hill ».


Une fois le premier épisode terminé, la peur s’installe, mais pas au sens où on l’imagine : 3 épisodes de plus suffiront-ils à construire une intrigue digne de la saga ? Et c’est là que le bât blesse : les dessins sont magnifiques, l’écriture percutante, mais tout reste trop superficiel. L’intrusion du surnaturel est plus un passage obligé qu’un développement, non pas logique, la saga Silent Hill étant plus symbolique que logique, mais au moins approprié.

En ce sens, l’apparition de Pyramide Head, créature emblématique, est totalement gratuite, car dépourvue du sens qu’il avait pour James Sunderland, ou dans une moindre mesure, Alex Shepherd. Alors que l’intrigue était originale, l’utilisation du fantastique n’est qu’une succession de clins d’œil aux jeux et n’apporte pas de profondeur. La conclusion, aussi démonstrative que terre à terre, laisse peu de place aux interprétations, ce qui est regrettable.

Sinners Reward est une œuvre hybride, bénéficiant d’un vrai point de vue artistique qui n’est pas mis en valeur par les figures imposées du genre et un nombre d’épisodes ne permettant pas un développement suffisant.

Les fans de la série auront malgré tout une nouvelle occasion de se rendre dans la ville fantôme, magnifiée par les dessins.

6.5/10

3 commentaires:

  1. Et le film éponyme ? Est-il plus dans l'esprit du jeux que le comic ?

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  2. Héhé, une question qui a déchaîné pas mal de débats à l'époque. Comme toutes les adaptations de jeux vidéos, le film s'était fait assassiner par les joueurs.

    Critique à venir pour plus de détail, mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas être fidèle à l'esprit des jeux. Ne serai-ce que graphiquement, il y a un travail aussi impressionnant qu'immersif. En terme de scénario, l'ensemble est un peu moins mystérieux que dans les jeux, mais même de ce point de vue, on sent que Gans est un vrai fan. Beaucoup aimé ce film pour ma part, et je te le conseille, en gardant à l'esprit qu'il s'agit plus d'un film d'ambiance que d'un survival plein d'horreur.

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  3. Je l'ai vu au ciné à sa sortie ce qui remonte à loin, mais il m'a semblé que le côté symbolique dont tu parles est plutôt bien présent dans le film. Et moi aussi j'avais aimé mais je ne suis pas particulièrement fan du jeux alors...

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