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mardi 17 mai 2011

Tintin contre les nains aphrodisiaques volume 2 épisode 3

Episode 3 : the Dead Knight

Le capitaine Haddock était assis sur un rocher parlant.

« - Tu pourrais arrêter de poser tes fesses sur moi ?
- si jamais je trouve le bachibouzouk qui se moque de moi, je me charge de lui faire passer l’envie de rire !
- Mais je te dis que personne ne rit ici ! Insista le rocher.
- Mille milliards de mille sabords ! Je sais très bien que les rochers ne parlent pas !
- Si tu en es si sûr, lève-toi et regarde moi dans les yeux.
- Bon ça suffit ! Si je me lève je vais te trouver moule à gaufres ! Tu vas regretter de t’en être pris au capitaine Haddock ! »

Joignant le geste à la parole, le marin au long cours se redressa et scruta les environs. Mais il avait beau chercher, il n’y avait personne. Personne à part ce rocher dont la bouche bougeait. Il dut se rendre à l’évidence : c’était bien cette grosse pierre qui lui parlait. La vraie question à présent était de savoir s’il devenait fou ou s’il était en train de rêver. Etait-ce une manifestation de son inconscient ? Il n’y avait qu’un moyen d’en avoir le cœur net :

« - Es-tu mon for intérieur ?
-  ça me ferait mal ! Je suis Claude le rocher, mais tu peux m’appeler Cloclo le roc.
- Par la barbe de Hugues Auffray ! Mon seul ami est un rocher maintenant !
- Me dis pas que tu comptes rester là maintenant ?!
- Tonnerre de Brest ! Tu me repousse toi aussi ?
- Mais non, c’est juste que tes potes sont pas loin, et je crois qu’ils ont des soucis.
- Quoi ? David est là ? Avec Tintin ?
- Oui mais plus pour longtemps.  Y a des mecs bizarres qui ont l’air de préparer un mauvais coup.
- J’arriiiiiiiiiiiiiiiiiive Tintin ! »


 Quelques instants plus tard, le capitaine Haddock revint sur ses pas pour demander à Cloclo le roc dans quelle direction il devait se diriger. Ces informations lui permirent, après quelques minutes de course effrénée, d’apercevoir Tintin qui aidait le Hoff à se relever. Il leur sauta dans les bras et tous trois roulèrent par terre.
« Mais enfin, un peu de tenue ! » S’exclama Tintin. En relevant la tête, le jeune homme constata que sans l’intervention de son ami, il aurait été décapité par le chapeau d’un Dupond qui était à présent planté dans un tronc d’arbre. En effet, plusieurs dizaines de Dupond et Dupont s’avançaient, l’air menaçant.
« David a perdu sa voix à force de pleure, Capitaine ! Il faut absolument qu’on s’enfuie le temps qu’il la retrouve ! »
Le trio se précipita vers un panneau indiquant que des grizzlys attaqueraient tout intrus franchissant leur sol. Ils avaient conscience que ce serait dangereux, mais rien n’aurait pu les préparer à cette épreuve. Les grizzlys étaient non seulement enragés, mais aussi innombrables.
Chaque pas était synonyme de coups de griffes potentiellement mortels, et ils durent faire appel à toutes leurs ressources pour ne pas être blessés. Derrière eux, les Dupond et Dupont, plus rigides, éprouvaient davantage de difficultés, et plusieurs d’entre eux furent déchiquetés. Le Hoff avait trouvé une méthode incroyable, ressemblant à une sorte de saute-mouton ponctué d’un moonwalk sur le dos des ours. Tintin et le capitaine tentèrent de l’imiter mais manquèrent de se tuer. Ils décidèrent de se faufiler avec moins d’éclat mais plus de sécurité. Finalement, ils atteignirent une petite clairière et se cachèrent dans des buissons. Les Dupond et Dupont survivants passèrent sans les voir.
Après quelques minutes, ils sortirent, soulagés. Mais à peine avaient-ils quitté leur cachette que trois individus masqués jetèrent un lourd filet sur eux. Ainsi piégés, ils ne purent qu’assister impuissants à leur capture. Les Dupond et Dupont avaient une lueur de meurtre si vive dans le regard que Tintin ne reconnaissait plus ceux qui avaient été autrefois ses amis. Mais étaient-ce vraiment eux ? Après tout, il avait tout à fait pu côtoyer une dizaine de Dupond et Dupont différents au fil des années, sans même s’en rendre compte. Mais ça n’avait plus d’importance. Qui qu’aient été ces gens, ils n’étaient plus ses amis. Sa réflexion fut stoppée par un coup de coude du capitaine Haddock qui le fixait avec une intensité inhabituelle. Troublé par son regard perçant, Tintin en vint à se demander si ce dernier n’essayait pas de communiquer avec lui par télépathie. Il le fixe à son tour et pensa très fort « Capitaine, pouvez-vous entendre mes pensées ? ». En réponse, il obtint un cri de son ami qui lui demanda de bien vouloir retirer son pied de son estomac.
Tout à coup, les agresseurs cessèrent de les traîner.



« - On est assez loin maintenant. Lança Dupond.
- Je dirais même plus, ajouta Dupont, on est assez loin pour que personne ne nous entende.
- Personne ne vous entende faire quoi, bande de bachibouzouks ?
- Capitaine, voyons ne les énervez pas !
- Laissez, tintin. Coupa Dupond. Il est temps que votre ami sache.
- Je dirais même plus, il est temps que votre ami sache qu’on va se débarrasser de lui.
- Tonnerre de Brest, si c’est une plaisanterie, elle n’est pas drôle.
- ça n’a rien d’une plaisanterie capitaine.
- Je dirais même plus capitaine, on ne plaisante pas. Nous avons toléré vos crises  de sang et votre insolence jusque-là, mais maintenant que nous sommes officiellement ennemis, ça a assez duré. »

Sur ces mots, Dupond leva sa canne au dessus de la tête du capitaine Haddock, d’un air menaçant. Mais avant qu’il n’ait eu le temps de l’abattre, Dupont lui enserra la tête et lui brisa la nuque.

« - Assassin, va-nu-pieds ! Ectoplasme !
- C’est comme ça qué vous rémercier oun ami ? S’exclama le général Alcazar qui venait de retirer son masque de Dupont.
- Général, je suis très heureux de vous voir ! Intervint Tintin. Néanmoins, il me semble que vous nous devez des explications.
- Bien soûr ! répondit le général en libérant ses amis. Mais avant tout, y’aimerais démandar oun autographe à David Hasselhoff. Y peut être, si ce n’est pas trop démandar, oune pétite chanson.
- Vous savez, lança le Hoff, il n’y a rien qui me comble davantage de bonheur que de faire plaisir à mes fans. Malheureusement, les disputes de vos amis m’ont tellement fait pleurer que j’en ai perdu ma voix.
- Mais…. Mais…. David ! S’écria Tintin. Vous parlez ! Votre voix est revenue !
- Mais c’est vrai ! » Hurla le Hoff avant de se lancer dans l’interprétation d’un de ses tubes les plus célèbres, le réjouissant « Hooked on a Feeling ».
Le petit groupe dansait avec une énergie incroyable quand alcazar attira leur attention sur l’arrivée d’une véritable armée de Dupont et dupond.


 « - Yo mé souis infiltrar parmi eux pour vous sauvar ! Et c’est ce qué yé vais faire. Fouyez pendant que yo les rétiens !
- Non, il est hors de question qu’on vous abandonne. Lança Tintin.
- Je refuse également de laisser un fan se sacrifier ! Ajouta le Hoff.
- No ! Vous en particuliar, vous no dévez pas tomber entre leurs mains, sinon mon sacrifice n’aura servi à rien !
- Par le crachat du capitaine Crochet, il a raison, il faut qu’on parte ! »

Et c’est la mort dans l’âme que le trio s’échappa. Alcazar décida de ne pas perdre de temps et se précipita vers le groupe en criant. Il plongea sur l’un d’eux, et en roulant au sol, ils firent tomber les autres. Il se releva d’un flip avant puis envoya un crochet droit au visage du Dupond le plus proche, puis il bascula sur le côté et assomma un autre de ses agresseurs d’un puissant revers. Alors que l’un d’eux s’élançait vers lui, il coupa son souffle et son élan d’un coup de pied dans l’estomac. Il sauta alors genoux en avant vers deux adversaires, les expédiant au sol avant de les rouer de coups de poing. Voyant qu’un petit groupe profitait du chaos pour se lancer à la poursuite de ses amis, il étendit les bras perpendiculairement à son corps et chargea, renversant tous ses adversaires sur son passage. Puis il plongea vers le  groupe afin de compenser le retard de sa course. Mais lorsqu’il atterrit sur eux, il sentit une violente douleur sur le côté : un des Dupont venait d’enfoncer sa canne dans son rein, et il perdait désormais beaucoup de sang.
Il se releva difficilement et comprit que le temps était un luxe qu’il ne possédait désormais plus. S’il voulait sauver ses amis, il devait s’assurer qu’aucun moustachu ne quitterait cet endroit. Jamais. Il se rua sur eux et les enserra. Une fois certain qu’ils étaient tous sous lui, il dégoupilla une grenade, puis s’éteint lorsqu’elle s’alluma dans une explosion.
Une fois la nuit tombée, Tintin, le capitaine Haddock et David Hasselhoff comprirent qu’ils étaient en sécurité. Du moins pour le moment. Mais leur séjour dans la forêt avait duré des mois entiers, et le pouvoir des Dupond et Dupont était désormais tel qu’ils n’étaient pas en mesure de contrecarrer leur plan, même avec le soutien du Hoff.
Il ne leur restait plus qu’une solution : ils devaient construire une machine à remonter le temps. Exploitant les matériaux de la forêt, ils parvinrent à leurs fins après à peine quelques semaines. Alors qu’ils se préparaient à retourner dans le passé, Tintin remarqua que Milou rongeait ce qui ressemblait à un très très gros os. En s’approchant, il constata qu’il s’agissait du visage à moitié déchiqueté du général Alcazar. Il tomba alors à genoux et se mit à pleurer. Le Hoff et le capitaine l’aidèrent alors à enterrer celui qui les avait sauvés.

« - Tintin, je pense que vous devriez dire quelques mots. Déclara le capitaine Haddock. Après tout, c’est vous qui le connaissiez le mieux.
-  et je pourrais chanter une chanson ! S’écria David.
- Oui, je vais dire quelques mots. Le général Alcazar était une brute sanguinaire, un homme sans pitié et être sans culture. Les règles les plus primitives de syntaxe et de conjugaison lui étaient inconnues, et il maltraitait notre langue avec une insolence des plus insultantes. Il buvait trop, il fumait trop et par-dessus tout, il parlait trop. Mais c’était quelqu’un de courageux, et si vous étiez suffisamment chanceux pour qu’il ne vous condamne pas à mort, il était d’une générosité sans limite. Il va me manquer.
- Mais j’y pense, coupa le Hoff, on pourrait se servir de la machine à remonter le temps pour empêcher sa mort !
- Non petit.
- Je ne comprends pas !
- Parce qu’il n’est pas un héros. Expliqua Tintin. Il est un kamikaze, un chevalier qui vivait pour se sacrifier. Il est l’ami qu’on a mérité, mais pas celui qu’on voudrait. C’est un cadavre outil, un mort utile, un dommage collatéral, un chevalier mort.



Fin de l’épisode 3

jeudi 12 mai 2011

Tintin contre les nains aphrodisiaques volume 2 épisode 2


Episode 2 : qui conduit ?

Dupont s’était isolé dans la pièce de visionnage spéciale du quartier général. Après toute l’agitation à laquelle ils avaient du faire face, il ressentait le besoin de se ressourcer spirituellement, ce qu’il ne pouvait faire que devant un bon film. Il venait de regarder Nick Fury : Agent Du Shield, œuvre magistrale dans laquelle le Hoff livrait une interprétation plus vraie que nature du rôle titre. Puis il s’était rendu sur youtube afin d’enchaîner avec quelques vidéos cultes mettant en scène l’acteur. A présent, il était en colère. Au détour d’un clip, il avait été confronté à l’horrible vidéo mise en ligne par la propre fille de David. Celle où on le voyait saoul, dégustant goulûment un hamburger à même le sol. Cette vision lui était insupportable, mais pas autant que les commentaires du public, qui se délectait de cette situation pathétique.

« - qu’est-ce que tu fais ? Lança Dupond, qui venait de faire irruption.
- J’observe pour mieux comprendre les plans de l’ennemi.
- Je dirais même plus, les plans diaboliques de l’ennemi ! Ajouta Dupond. Ils veulent se servir de cette icône pour amplifier l’influence de leur mouvement déviant ! On ne put pas laisser faire ça ! Notre rôle est de préserver la bienséance… à tout prix.
- Oui bien sûr. Répondit dupont. Qu’allons nous faire maintenant que nos amis se sont enfuis ?
- C’est simple, ils vont certainement essayer de retrouver David Hasselhoff. Quand ça sera fait, nous les ramènerons ici, pour que nous redevenions tous amis !
- Une chance que nous ayons placé un émetteur dans le collier de Milou !
- Je dirais même plus, c’est une véritable chance ! »



Mais à des kilomètres de là, Milou était loin de se sentir aussi chanceux. Blotti dans le sac à dos de Tintin, il supportait difficilement la température négative et le vent qui les assaillaient violemment, alors qu’ils escaladaient le mont Belge, secrètement situé juste au dessus du signal de botrange. Tintin et le capitaine étaient accrochés par une corde qui serrait leur taille. Le reporter progressait le premier, afin de s’assurer que son ami, moins habitué à l’alpinisme, ne coure aucun danger. Cette attention, aussi louable soit-elle, ne plaisait pas au marin qui se sentait sous-estimé. Désireux de se montrer capable, il accéléra la cadence, jusqu’à devancer le jeune homme. Mais sa vitesse le rendait maladroit, et il glissa dans le vide, sans pouvoir se rattraper. Ce n’est que grâce à la poigne d’acier de Tintin qu’il ne s’écrasa pas quelques centaines de mètres plus bas. Ainsi pendu au bout d’une corde, à la merci des éléments et de son ami, le capitaine se sentit démuni. Comme si on l’avait destitué de toutes ses qualités de meneur pour le réduire à la condition d’homme dans ce qu’elle a de plus détestable. Il sentait la colère envahir son cœur, ce qui l’empêchait de céder au désespoir. Mais les sentiments négatifs qui l’assaillaient n’étaient rien face à la chaleur qu’il ressentit lorsque Tintin agrippa sa main. L’héroïsme du jeune homme transcendait la notion d’amitié avec une telle force qu’ils parvinrent à franchir les obstacles qui se dressaient encore devant eux avec une facilité déconcertante.
Il ne leur fallut que quelques instants pour apercevoir le Hoff. Uniquement vêtu d’un pantalon en cuir et d’une chemise noire, il avait adopté la position du lotus, assis sur la neige. Son visage exprimait une grande sérénité, pourtant il semblait bourdonner, comme s’il souffrait. Alors que les deux amis s’approchaient de lui, il se releva d’un élégant flip avant.
 
« -Bonjour les amis ! Qu’est-ce je peux faire pour vous ?
- Et bien pour commencer, vous pourriez commencer par nous expliquer ce que vous faîtes là. Suggéra le capitaine Haddock.
- avec grand plaisir ! S’exclama le Hoff. Mais je propose que nous nous présentions d’abord !
- Bien sûr, pardonnez-nous ! Répondit Tintin. Voici le capitaine Haddock, et je suis Tintin, grand reporter. Nous sommes fans de votre travail !
- ça ne m’étonne pas ! A votre place, je serais fan aussi ! Mais parlez-moi un peu de vous : depuis quand êtes-vous fans ?
- Je vous suis depuis k2000 : S’empressa de préciser Haddock.
- Quant à moi, c’est en vous voyant sauver des vies dans Alerte A Malibu que j’ai trouvé ma vocation. Mais dîtes-nous ce qui vous a conduit à cette formidable destinée !
- Si vous insistez ! Tout a commencé un bel après-midi de juillet. Papa Hasselhoff et maman Hasselhoff préparaient des pièges pour les taupes. Ils venaient de mettre au point la Joconde des attrape-nuisibles. C’était un système complexe qui émettait un son qui attirait les taupes. Lorsqu’elles arrivaient à proximité du mécanisme, un petit filet se refermait sur elles, puis elles étaient catapultées à des kilomètres de distance. Galvanisés par leur découverte, ils s’enlacèrent fougueusement et partagèrent leur amour charnellement. Dès lors, ma destinée était tracée. Je ne pouvais que devenir quelqu’un d’important. Mais avec mon physique, il aurait été égoïste de m’enfermer dans un laboratoire pour inventer. Non, si je pouvais donner un peu de bonheur à mon prochain grâce à mon image, je me devais de le faire. La carrière d’acteur était une évolution naturelle. La suite, vous la connaissez. J’ai pu rendre des millions de fans heureux, partout dans le monde. J’ai même aidé les allemands lors de la chute du mur, en chantant « Looking For Freedom ».
- Je n’oublierai jamais cette prestation chavirante ! S’écria le capitaine Haddock.
-Il est peut-être temps de parler d’autre chose que qui a vu quoi ! Coupa Tintin, vexé.
Doucement, marin d’eau douce !
- Non, il a raison, intervint le Hoff. Je vous fais perdre votre temps alors que vous attendez certainement un autographe !
- En fait, précisa le jeune homme, il y a autre chose. Nous sommes là pour vous sauver. Quelqu’un vous poursuit.
- Mais je le sais déjà ! Pourquoi croyez-vous que je m’isole ici ? Il faut parfois que je m’éloigne des hordes de fans qui rêvent de me rencontrer. Si je ne me ressourçais pas ainsi, je ne serai pas en mesure de me renouveler constamment.
- Oui mais certains fans sont dangereux. Expliqua Tintin. Nous sommes venus assurer votre protection pour empêcher votre enlèvement.
- Un kidnapping ? Vous voulez dire qu’on veut me bâillonner, m’empêchant ainsi de chanter, et me torturer, privant le public de ma gueule d’amour ? Je m’y oppose. Pas pour moi, mais pour tous ces pauvres gens qui attendent que je leur rende le sourire !
- Nous refusons aussi ! S’écria Haddock. »



Mais alors que le duo se préparait à expliquer la situation à l’artiste, une armée de Dupont et Dupond se précipita sur eux, brandissant sa canne en l’air en hurlant. Avant même que le groupe n’ait eu le temps d’élaborer un plan de secours, Tintin constata que les nains aphrodisiaques s’approchaient en entonnant leur chant d’amour. Toutes les directions étaient bloquées, et leurs ennemis avançaient inéluctablement. Tintin commençait à paniquer. Lui qui trouvait toujours une solution ne voyait aucun moyen de s’échapper. Tout à coup, ses pieds ne touchèrent plus le sol. David Hasselhoff les avait empoignés le capitaine Haddock et lui, et avait sauté dans le vide. Alors qu’ils chutaient en hurlant, l’acteur attrapa une bouée rouge attachée à un long câble, la fit tournoyer, et la jeta contre un pic rocheux autour duquel elle s’enroula. Ils se balancèrent le long du massif, puis le Hoff sauta, secoua son poignet, détachant la bouée, puis la mit sous leurs pieds, amortissant leur chute. Ils glissaient à présent le long d’une pente abrupte à une vitesse délirante. Finalement, David tira légèrement le câble, levant l’avant de la bouée, la fit s’élever d’un bond, et tournoya en l’air, survolant le paysage en planant. Ils parcoururent une telle distance qu’ils atterrirent en pleine forêt.
Il fallut quelques instants à Tintin, Milou et au capitaine pour reprendre leurs esprits. Ils constatèrent que le Hoff était en train de répéter une chorégraphie élaborée.
Sans même s’en rendre compte, ils étaient en train de l’accompagner dans sa danse, avec une énergie qui compensait nettement leur manque de grâce.
Alors qu’ils trouvaient enfin leur rythme, le Hoff déchira son t-shirt, empoigna une hache, et s’élança en criant vers un arbre qu’il attaqua avec vigueur.
En voyant cette scène, Tintin fut pris de frissons, mais ce n’était que le hors d’œuvre. Le plat de résistance était constitué d’une boule dans l’estomac et de bouffées de chaleur. Il constata que le capitaine souffrait de maux similaires, ce qui l’agaçait profondément. Il réussit néanmoins à contrôler sa rage jusqu’au repas.
David avait coupé suffisamment de bois pour illuminer la soirée et cuire les ornithorynques borgnes qui peuplaient la forêt. La valeur énergétique de cette viande permettait d’oublier l’élasticité de son bec. Mais c’était le goût fruité de ses globes oculaires qui plaisait le plus à Tintin. Il décida que ce serait plutôt gentil de laisser les derniers yeux à David. Mais avant qu’il n’ai pu esquisser le moindre geste, Haddock avait fait cette offrande à la star, comme s’il anticipé son intention. Tintin eut par contre la satisfaction de constater que le capitaine n’avait pas prévu de recevoir son poing en pleine figure.
Les deux hommes s’empoignèrent alors tels deux biscuits isolés dans un carton s’affrontant pour remporter un sursis avant d’être dévorés.
Le Hoff s’interposa bravevement.



« - Arrêtez ! J’ai horreur des disputes !
- C’est lui qui a commencé ! S’exclama Tintin. J’allais vous laisser les yeux, mais il m’a précédé !
- Sapristi, quelle histoire ! S’écria Haddock. Je voulais juste prendre soin de notre invité ! Ce n’est tout de même pas un crime d’être bienveillant !
- Que celui qui n’a jamais souhaité offrir d’yeux lui jette le premier câlin. Coupa le Hoff. Et que celui qui l’a déjà souhaité fasse de même !
- Je souhaite vous demander pardon par cette offrande câlinale mon capitaine.
- Excuses acceptées chenapan ! »

Après cette communion spirituelle, le climat s’apaisa et le trio put se reposer. Mais les journées suivantes furent emplies de tension. Le quotidien devin morose, et les conflits devenaient la seule source de distraction. L’ennui était tel qu’il faudrait quelques centaines de pages pour en exprimer l’ampleur avec exactitude. Un jour où tout le monde était plus énervé que d’habitude, une dispute violente éclata entre Tintin et le capitaine Haddock. Le Hoff se boucha les oreilles en criant « la la la la la la ».

« - Vous voyez ce que vous faîtes ? Reprocha Tintin.
- Tonnerre de Brest ! Je vous trouve bien présomptueux ! J’ai bien compris que vous vouliez garder David pour vous !
- Je n’en reviens pas que vous me reprochiez de nous avoir sauvés ! J’ai tout fait pour éviter le conflit, mais il va bien falloir qu’on décide d’une solution plus définitive.
- Mille sabords Tintin ! Vous voulez toujours décider de tout !
- ça suffit, arrêtez de vous disputer ! » Hurla le Hoff avant de partir en courant.



Le reporter et le marin restèrent interdits quelques instants. Quand ils reprirent leurs esprits, le Hoff avait disparu. Fou de rage, le capitaine Haddock poussa un cri, assena un crochet du droit à Tintin, et s’éloigna. Le journaliste d’investigation se releva en se tenant la mâchoire et chercha un endroit où manger. Ça n’avait plus aucun sens de se cacher. Plus rien ne comptait. Il sortit de la forêt et se dirigea vers la route en direction d’un diner. Pendant ce temps, une silhouette menaçante regardait une photo de David Hasselhoff en riant et en bavant…

Fin de l’épisode 2.

lundi 9 mai 2011

Tintin contre les nains aphrodisiaques volume 2


Episode 1 : Et si c’était faux ?

Le diner. Petit restaurant d’autoroute où tout bon roman se déroulant aux Etats-Unis d’Amérique se doit de situer un de ses chapitres. Bien que l’histoire d’aujourd’hui se déroule en Europe, tintin était assis dans un diner. Il était entré car il avait faim. Il était à proximité d’un diner lorsque son ventre cria famine. Il savait qu’un diner était un établissement de biens, à savoir de la nourriture. Il marcha jusqu’à la porte d’entrée, pose sa main sur la poignée de la dite porte, reserra sa pression et tira. Pourtant, la porte suscitée ne s’ouvrit pas. Perplexe, il observa la porte plus attentivement. Son regard se posa sur un écriteau sur lequel des lettres formaient un mot. Il le savait car il avait appris à lire plusieurs années auparavant. C’était une expérience qu’il n’oublierait jamais. Le mot formé par les lettres était « Poussez », injonction pour le moins agressive. Il pose à nouveau sa main sur la poignée de la porte d’entrée, reserra sa pression, et poussa. Une fois à l’intérieur, il s’assit et commanda des haricots verts. Puis, sentant sa vessie fortement comprimée, il songea qu’il serait vachement soulageable de se rendre aux cabinets une fois. S’il avait annoncé son intention au capitaine Haddock, ce dernier aurait corrigé la construction chaotique de la phrase, totalement indigne d’un reporter d’investigation de sa carrure. Malheureusement, les circonstances ne lui permettaient pas d’échanger avec son compagnon de toujours. Pendant qu’il évacuerait sa tristesse en même temps qu’il satisferait une nécessité organique, il se leva de son siège, leva le pied droit et le posa devant le pied gauche. Puis il leva le pied gauche, et le posa devant le pied droit. Il recommença ce processus jusqu’à arriver devant la porte des w-c. Il leva alors son bras, posa sa main sur la poignée de la porte, reserra sa pression, et poussa. Une fois à l’intérieur, il s’interrogea : allait-il manifester sa virilité de façon spectaculaire en se dirigeant vers les urinoirs, ou allait-il privilégier l’isolement d’une cabine ? C’est alors qu’un grand monsieur musclé fit irruption. Impressionné, Tintin décida de se cacher, se dirigea vers la porte d’une cabine, posa sa main sur la poignée, reserra sa pression, et poussa. Il allait enfin pouvoir effectuer cette tâche si importante. Après une ellipse narrative, Tintin était enfin sorti des w-c. Il se sentait plus léger, et ressentait une certaine satisfaction à voir sa psychologie développée avec autant de pertinence par cette scène. Seul un grand auteur de roman de gare avait les capacités nécessaires pour rédiger des paragraphes si profonds, justifiant des ventes démesurées ! Puis, se remémorant sa tragique situation, il demanda à l’auteur d’abandonner ce style, tomba à genoux, leva les bras vers le ciel et hurla. Comment en était-il arrivé là ?



« - Je vous nomme Dupond et Dupont.
- Et pourquoi je serais dupont ?! »

Non, ce n’était pas ça. Enfin si. Mais non. Il y avait eu un précédent. Des précédents même. Il y avait eu une explosion. Du bruit. Un grand « boum » et des cris. Des gens qui couraient dans tous les sens. Et un grand nuage de fumée vert. Puis le silence. Pesant. Long. Tragique.
« Il faut aller les aider ! » avait-il crié. Mais on ne l’avait pas laissé faire. C’était trop tôt. Ça ne servirait à rien. Il fallait se préparer. Il avait fini par se laisser convaincre. Après tout, ce n’était pas la bataille qui importait, mais la guerre. Puis la cérémonie avait eu lieu. Celle qui allait faire de lui un Dupon. Et même un Dupond. Non… elle n’avait pas eu lieu. Il y avait eu un incident. Le capitaine avait crié. Tout était confus, il avait besoin de prendre l’air, avant de réfléchir. Il se précipita à l’extérieur et courut vers la forêt. Seul. Il était seul. Ce n’était pas ce qu’il avait voulu. Il voulait juste aider, se battre pour une cause qui semblait juste. Mais il avait la sensation qu’on le manipulait. Le combat était juste. Il le savait. Mais le reste ? Il se mit en position de yoga. Il fallait qu’il fasse le vide. Puis il se remémorerait les événements et réfléchirait à une stratégie.
Quelques jours plus tôt, alors que Tintin venait de sauver son ami le professeur Tournesol, une explosion retentit. C’était les représailles des nains aphrodisiaques.

« - Venez Tintin, il n’y a plus de temps à perdre, on va faire de vous un Dupond ! Lança Dupond.
- Je dirais même plus, on va faire de vous un Dupont ! Compléta Dupont.
- Mais il faut aller aider ces gens ! S’écria le jeune homme.
- Nous n’avons pas le temps. Répondit Dupond. Le meilleur moyen de les aider, c’est de mettre fin aux agissements de ces nains aphrodisiaques.
- Ce qu’on ne peut pas faire sans que vous deveniez l’un des nôtres. Ajouta Dupont.
- attendez, bande de sagouins ! Coupa le capitaine Haddock. Vous êtes en train de dire que Tintin est suffisamment important pour être un dupon mais pas moi ?! Moi le descendant du grand François de Haddock !
- Nous avions anticipé votre réaction capitaine. Répondit Dupond.
- Je dirais même plus, nous avions tout anticipé capitaine ! Ajouta Dupont. C’est pour cette raison que nous vous proposons d’être Dupont ! Après tout, il faut être deux pour être Dupond et Dupont.
- Et pourquoi ce serait moi Dupont, Mossieur ? S’écria Haddock.
- Qu’est-ce que vous voulez dire ? S’inquiéta Dupont.
- Vous le savez très bien ce que je veux dire, bougre d’ignorant ! Je ne vois pas pourquoi je jouerais les seconds rôles ! Qui est capitaine ici ? C’est bien ce que je pensais.
- Voyons capitaine, interrompit Tintin, je pense que le moment est mal choisi pour…
- Mais pourquoi vous parlez de second rôle ? S’exclama Dupont, mécontent.
- tu sais bien, reprit Dupond, il veut dire qu’il y a le héros et celui qui l’accompagne. Dupond et Dupont en somme.
- Je croyais qu’on en avait terminé avec ces histoires ! S’écria Dupont.
- Allons messieurs, un peu de calme. Intervint Tintin. Je n’ai même pas encore accepté de devenir Dupond. D’ailleurs, je ne suis pas certain d’être prêt à accepter un tel sacrifice. De plus, je ne suis pas sûr de comprendre en quoi le fait de me joindre à vous pourrait avoir une influence sur l’issue de cet affrontement. Comprenez-moi, je suis grand reporter free-lance, et n’ai pas l’habitude de soumettre mon intégrité à l’approbation de vieux messieurs.
- Qu’est-ce que vous entendez par là ? Lâcha Dupond.
- Je dirais même plus, expliquez-vous ! Ajouta Dupont.
- C’est simple, je n’ai que seize ans. J’ai encore la fougue et l’innocence de la jeunesse ! C’est pour cette raison que mes articles sont d’une telle fraîcheur !
- J’ignorais que vous étiez si jeune. Commenta Dupond.
- Je dirais même plus… commença dupont. Arrête ça tout de suite !
- De quoi parles-tu ? S’étonna Dupond.
- Tu ne cesses de t’exprimer avant moi ! Je ne vois pas pourquoi le « je dirais même plus » me serait réservé !
- Je te l’ai déjà expliqué, il y a le héros et…
- Mais vous allez arrêter mille milliards de mille sabords !
- Le capitaine a raison. Reprit Tintin. Nous avons perdu assez de temps comme ça. Maintenant expliquez nous votre plan ou bien nous partons séance tenante !
- Très bien. Répondit Dupont. L’affrontement avec les nains aphrodisiaques pourrait bientôt prendre une tournure dramatique. Si nous perdons cette bataille, nous aurons perdu la guerre pour ainsi dire.
- Je dirais même plus, reprit Dupond, nous devons capturer… »




C’était là que tout avait dérapé. Tintin se posait déjà beaucoup de questions depuis les incroyables révélations de Dupond et Dupont. Mais ce n’était rien comparé à cette scène incroyable. Hasselhoff. Ils voulaient capturer David Hasselhoff. Le seul, l’unique, le Hoff. Tintin connaissait bien sa carrière. De ses conversations avec une voiture en passant par ses sprints au ralenti sur la plage jusqu’à son extraordinaire carrière musicale qui avait atteint son apogée avec sa reprise du titre de Culture Club « Do you really want to hurt me ».
Tout, il connaissait tout. Et surtout, il aimait tout. Et maintenant, on lui demandait de priver son idole de liberté, au nom d’une lutte dont il n’était même pas sûr de comprendre tous les enjeux. Stupeur, colère, ces sentiments qu’il avait ressentis l’assaillaient à nouveau maintenant qu’il était seul dans la forêt. Il avait pourtant essayé de faire eu mieux, mais tout avait empiré. Mais le capitaine avait sa part de responsabilité dans ce drame.
« Il est hors de question qu’on bride le talent d’un tel artiste ! S’était-il exclamé. Et puis toute cette histoire de Dupond et Dupont ne me dit rien qui vaille. Avait-il ajouté. Aaaaaaaah ! avait-il ensuite crié. »
Mais peut-être la mémoire de Tintin était-elle défaillante. Peut-être le capitaine avait-il crié « oooooh ! ». C’était dur à dire. Et puis repenser à tout ça le perturbait beaucoup. L’attitude à adopter face au cas Hoff lui paraissait déjà complexe à déterminer. Mais le pire était encore à venir. Il n’oublierait jamais ce à quoi il avait assisté ensuite…
Ils étaient en plein débat sur les conséquences du rapt du Hoff quand une créature aussi difforme que visqueuse avait glissé jusqu’à eux, étalant un liquide gluant sur sa route. Tout à coup, le monstre avait levé les yeux vers lui. On aurait dit une sorte de saucisse plissée avec des bras et des jambes. Mais au milieu de cette espèce de bouillie organique, on pouvait voir ce qui ressemblait à un visage humain… ou plutôt des visages humains. C’était comme si plusieurs personnes se disputaient une seule tête, et que le perdant était destiné à disparaître dans l’éther.
« T…Try….Tryphon ?! » Bégaya le capitaine Haddock.
Tintin dévisagea plus en détail l’individu… une moustache et des petits yeux… un crâne dégarni…. C’était bien lui… C’était Tournesol… mais c’était aussi Dupont !




« - Qu’est-ce que vous lui avez fait, sacripants ? S’exclama le capitaine.
- Vous allez devoir répondre de vos actes messieurs ! Ajouta Tintin, furieux.
- Mais non, vous vous méprenez ! Répondit Dupont.
- Je dirais même plus, compléta Dupond, c’est une méprise. Vous deux-là, aidez notre ami à regagner ses appartements.
- Vous ne l’emmènerez nulle part. coupa le reporter. Nous partons avec lui.
- J’ai bien peur que ça ne soit impossible. Répondit Dupond.
- Je dirais même plus, aucun de vous ne peut partir. Sauf pour nous aider à retrouver ce David Hasselhoff.
- Nous vous aiderons quand les poules auront des dents ! S’écria Haddock. Ectoplasmes ! Empailleurs !
- Capitaine, prenez les jambes ! »

Les deux hommes soulevèrent leur ami méconnaissable et se dirigèrent en hâte vers la sortie. Mais Dupond et Dupont leur barraient la route. Tintin lâcha les bras de Tournesol. Haddock tournoya sur lui-même, se servant du professeur comme d’une arme. Tintin était entouré d’une dizaine de Dupon quand Milou fit irruption et courut de l’un à l’autre, leur mordant violemment les chevilles. Alors que le reporter se préparait à créer une ouverture, Haddock fut projeté à ses pieds.

« - Venez capitaine, il faut qu’on s’échappe !
- Non, on ne peut pas laisser ce pauvre Tryphon ici !
- Si on reste, on ne pourra pas l’aider ! Il nous faut de l’aide ! »

Abattu, Haddock acquiesça et les deux hommes s’enfuir En repensant à ces événements, Tintin fut pris d’un frisson d’horreur. Il attrapa une pierre pointue et gratta un tronc d’arbre. Soudain, il entendit des pas. Il se tapit dans l’ombre et  vit le Hoff marcher au milieu d’un groupe de nains.





Fin de l’épisode 1.

lundi 12 juillet 2010

Tintin contre les nains aphrodisiaques - volume 1 final

Précédemment dans « Tintin contre les nains aphrodisiaques » : Après le kidnapping du professeur Tournesol par des nains aphrodisiaques, Tintin est confronté à un ultimatum : soit il risque sa vie pour sauver le scientifique, soit il ne reverra jamais Milou. Avec l’aide de ses amis le capitaine Haddock et le général Alcazar, le reporter mène sa mission à bien. Les frères Dupons, qui ne sont pas ce qu’ils semblent être, vont enfin révéler leur secret…


« - Votre ordre ? Interrompit Tintin. Mais de quoi parlez-vous ? Vous n’êtes tout de même pas une secte ?!
- Mais enfin, pas du tout ! S’offusqua Dupont.
- Peu m’importe vos histoires ! S’écria le jeune homme. Je ne supporterai plus vos exigences avant que vous n’ayez libéré Milou ! J’ai fait ce que vous m’aviez demandé, à présent, il est temps que vous respectiez votre part du marché. Au nom de l’amitié, je vous en prie !
- Amenez le chien. Commanda Dupond à d’autres moustachus. A présent, je vais tout vous expliquer. Tout a commencé avec un jeune homme. Rien ne le distinguait du reste des citoyens de Belgique. Il n’avait pas de problèmes familiaux, pas d’ennemis. Sa vie était des plus banales. Un jour, il constata que son père n’était plus là. Pensant qu’il s’était absenté pour un voyage, le jeune homme ne se posa aucune question.
Après quelques jours, il finit par s’inquiéter de cette disparition. Sa mère restant silencieuse, il s’engouffra dans la chambre parentale, en quête de réponses. Il n’y avait aucune trace de son père. Pour être plus précis, c’était comme si son père n’avait jamais existé.
- Messieurs, coupa Tintin, j’ignore où vous voulez en venir, mais je n’ai pas le temps d’écouter vos élucubrations.

- Il le faut pourtant. Reprit Dupont. Je vais continuer si tu n’y vois pas d’inconvénient, Dupond. Le garçon fouilla toute la maison à la recherche d’indices. Mais c’était comme si on avait consciencieusement effacé toute preuve du passage de son père dans cette maison. Angoissé, il décida qu’il était temps de changer de stratégie. Il devait en savoir plus, quoi qu’il en coûte.
Il versa l’intégralité d’un flacon de solution nasale dans le bol de céréales de sa mère. Devant l’inefficacité du procédé, il se glissa derrière elle et l’assomma d’un coup à l’arrière du crâne.
Il l’attacha sur une chaise dans la cave et pointa une lampe halogène sur son visage. A pleine puissance. Il disposa des bouilloires sur la terroriste, partout où il le pouvait et la réveilla en lui hurlant dans l’oreille. Elle ne tarda pas à tout lui dire : son père avait une maîtresse depuis un certain temps. Elle l’avait même trouvé dans le lit conjugal en compagnie de la femme de ménage. Elle soupçonnait d’ailleurs qu’il s’était fait prendre à dessein, puisqu’il l’avait appelée pour qu’elle lui apporte une bière alors qu’il était en plein ébat. Face à une telle humiliation, elle l’avait vivement incité à sortir de leur vie.
Mais le jeune homme savait que son père était pur. S’il s’était conduit ainsi, c’était qu’on l’y avait forcé, il n’y avait pas d’autre explication. Et puis sa mère avait dû le mériter.
Quoi qu’il en soit, il retrouva la femme de ménage, et s’introduisit chez elle. Elle vivait dans un minuscule appartement, décoré en dépit du bon goût. Les murs étaient ornés de photographies où on la voyait en compagnie d’un enfant nain. Le jeune homme remarqua alors que la femme souriait de façon provocante à chaque fois qu’elle était en contact direct avec le nain.
Les jours suivants, il suivit le petit garçon qu’on voyait sur les photos, et consigna ses moindres faits et gestes dans un petit carnet rouge.
- Comme celui de Mao ? Persifla Tintin.
- J’ignore qui est ce Mao, répondit Dupond, mais je doute qu’il ait été la source d’inspiration du jeune homme. Si tu me le permets, Dupont, je vais continuer. Rapidement, il constate que l’enfant assistait à des réunions secrètes. Le but de ces rassemblements de nains était vague, mais il était clair qu’ils avaient le pouvoir de provoquer une spectaculaire montée d’hormones par un simple contact physique. Le jeune homme était persuadé que le but de ces nains aphrodisiaques, comme il les avait surnommés, était de détruire l’institution du mariage. Il ne pouvait pas les laisser faire. Il ne voulait pas que d’autres enfants connaissent le déchirement que provoquait la déliquescence de la structure familiale nucléaire. Mais comment lutter seul ?
Il ne possédait ni super pouvoirs, ni armes, ni fortune. C’est à ce moment-là qu’il comprit qu’il lui fallait abandonner son identité civile. Ce jour-là, il devint Dupon. Au fil des années, il trouva des soldats prêts à s’investir dans sa cause. Nous avons abandonné notre vie passée. Nous sommes devenus des Dupons. Partout en Belgique, il y a des Dupont et Dupond qui veillent dans l’ombre pour contrecarrer les plans des nains aphrodisiaques. Quant à vous Tintin, chaque événement important de vote vie, chaque épreuve, vous ont conduit ici, à ce moment.
- Que voulez-vous dire ? Interrogea le reporter. Vous n’insinuez tout de même pas que…
- Si, reprit Dupont. Vous devez devenir l’un d’entre nous. Il est temps pour vous d’accomplir votre destinée et de devenir un Dupon, et pas n’importe lequel.
- Vous n’y pensez pas enfin ! Qui va s’occuper de Moulinsart ? Et que va devenir Milou ?!
- Le capitaine Haddock s’occupera de votre château. Expliqua Dupond. Quant à Milou, il nous serait très utile.
- Je suis navré, mais je refuse ! S’écria Tintin. Mais… qu’est-ce que c’est que ce bruit ?
- Vous n’avez pas détruit leur machine ? Hurla Dupont ?!
- Vous ne m’avez jamais parlé de machine ! Répliqua Tintin.
- Alors il est trop tard. Ils ont réussi à synthétiser la substance dont se servait le professeur pour ses implants capillaires. Ils ont dû lâcher une bombe contenant leur gaz, de manière à provoquer une catastrophe aphrodisiaque sur le pays. C’est la fin. »


Un couronnement, un duel à mort, des révélations, de l’action, de la passion…. A suivre… dans le volume 2 de « Tintin contre les nains aphrodisiaques » !!!

jeudi 8 juillet 2010

Tintin contre les nains aphrodisiaques volume 1 épisode 3

Précédemment dans « Tintin contre les nains aphrodisiaques » :"grâce à un plan à l’audacieuse complexité, Tintin a pu soutirer au livreur de chaussures des nains l’adresse de leur quartier général. Conscients qu’ils auront du mal à y entrer, le capitaine Haddock et lui se rendent dans le laboratoire du professeur Tournesol afin de trouver une invention qui facilitera leur assaut."

Le soir venu, des hommes en treillis de camouflage déambulèrent dans les rues. Le capitaine Haddock les précédait. Il était assis sur la selle du cheval du Général Alcazar, dont il serrait la taille avec beaucoup de vigueur. La petite troupe faisait tant de bruit devant l’entrepôt que les nains ne tardèrent pas à sortir du bâtiment. Ils se postèrent sur les remparts qui entouraient l’entrepôt, prêts à le défendre au péril de leur vie.

« - Caramba ! S’exclama le général Alcazar. Ces nains sont complamenté fous !
- Sauvages ! Hurla le capitaine Haddock. Analphabètes ! Je vais vous apprendre, flibustiers ! Mais c’est qu’ils nous bombardent ces saltimbanques de pacotille ! Tintin, moussaillon, j’espère que vous savez ce que vous faîtes !
- Lé yeune homme arrivéra à coup sour ! Déclara Alcazar. »



A quelques rues de là, sur le toit d’un immeuble… Tintin, vêtu d’un blouson en cuir d’aviateur et portant une paire de lunettes de soleil de marque, chevauchait la moto qu’avait trouvée le capitaine dans le laboratoire.
Nos héros avaient disposé des rampes diagonales sur tous les toits du quartier. Bien sûr, ce dispositif n’aurait pas été suffisant sans un petit ajout de Tryphon… Tintin déclencha la nitro et s’élança à toute allure. Bondissant ainsi de toit en toit, il fut bien vite à proximité de l’entrepôt. Alertés par le bruit, les nains se détournèrent du marin et du général et se préparèrent à bombarder le reporter. Mais avant qu’ils n’aient eu le temps de s’attaquer à lui, le jeune survola les remparts. Une fois au sol, il accéléra une fois encore, manquant d’écraser les nains aphrodisiaques à tout moment. Ces derniers se métamorphosèrent alors en nains acrobatiques et sautèrent dans tous les sens afin d’esquiver les bolides qui fonçaient sur eux.





Profitant de la confusion, Tintin se dressa sur une roue et pénétra dans le bâtiment. Roulant sur les marches, il se précipita à l’étage avant de plonger de son véhicule. Il dégaina un sac de toile et y enferma les gardiens de son ami, qui était inconscient. Il entendit alors le reste de leurs ennemis qui se précipitait vers eux. Levant la selle de sa monture motorisée, il s’empara d’une sorte de raquette métallique qu’il jeta au sol. Il installa le professeur, s’assit, puis mit les gaz. Lorsqu’il roula sur la raquette, elle se redressa, projetant la moto dans les airs. Alors que leur saut entrait dans la phase descendante, et qu’ils allaient s’écraser contre les remparts sans atteindre l’extérieur, Tintin appuya sur un bouton caché…

« - Mille sabord ! Regardez général ! La moto a des ailes !
- Ma si ! S’écria Alcazar ! Ils planent ! Cé garçon a téllamenté dé réssources ! »

L’engin plana quelques instants avant de se poser dans un parc. Mais le jeune homme ne s’arrêta pas. Il s’assura que le professeur était toujours à ses côtés, puis s’élança une dernière fois, pour ne s’arrêter qu’une fois arrivé à la base des Dupons.
Il posa gracieusement le véhicule à l’entrée, puis fut accueilli par les deux jumeaux policiers.

« - Venez Tintin. Nos experts vont s’occuper du professeur. Pendant ce temps, nous allons vous expliquer ce dont il retourne. Déclara Dupond.
- Je dirais même plus, nous allons tout vous expliquer ! Ajouta Dupont.
- Attendez ! S’écria Tintin. Je veux voir le professeur. Il aura besoin d’une figure familière à son réveil.
- Ne vous inquiétez pas pour ça. Répondit Dupont. Il verra l’un d’entre nous. Mais maintenant que le danger immédiat est écarté, il faut que vous compreniez les enjeux de notre lutte. Vas-y Dupond.
- Merci Dupont. L’histoire que je vais vous raconter cher Tintin, constitue l’origine secrète de notre ordre sacré. Elle ne doit jamais quitter ces murs.
- Votre ordre ? Interrompit le jeune homme. Mais de quoi parlez-vous ? Vous n’êtes tout de même pas une secte ?



A suivre....

lundi 5 juillet 2010

Tintin contre les nains aphrodisiaques - volume 1 épisode 2

Précédemment dans "Tintin contre les nains aphrodisiaques" :"Le capitaine Haddock, le professeur Tournesol et Tintin ont été attaqués par d'étranges nains aux pouvoirs aphrodisiaques. Seule l'inetrvention héroïque des 2 frères Dupont et Dupond a permis qu'ils ne soient pas tous enlevés. Malheureusement, Tournesol n'a pas pu être sauvé...."

Rien ne laissait présager l’aspect intérieur de l’endroit. On avait installé un véritable quartier général, rempli d’ordinateurs et d’équipement high tech. Le mobilier sortait tout droit du rayon le plus design d’un magasin de décoration, et les murs étaient d’un blanc immaculé dont l’intensité forçait à plisser les paupières. Mais le plus étonnant restait la présence de plusieurs dizaines de Dupons. Pourtant, Tintin était persuadé de ne pas rêver.

« - A présent, je vais vous expliquer de quoi il retourne. Déclara Dupond.
- Je dirais même plus. Reprit Dupont. Je vais vous expliquer. Les nains aphrodisiaques ont enlevé le professeur Tournesol pour pervertir une de ses inventions.
- De quelle invention parlez-vous ? Demanda Tintin.
- Il s’agit d’un ingénieux implant capillaire censé décupler les capacités intellectuelles de celui qui le porte ! Expliqua Dupont. Vous devez retrouver Tournesol pour empêcher qu’il ne les aide !
- Et pourquoi on devrait vous aider ? Interrogea le capitaine Haddock. C’est vous les policiers ! Voyez avec votre hiérarchie nom d’une pipe !
- Cette histoire ne concerne pas la police. Répondit Dupond.
- Je dirais même plus ! Ajouta Dupont. Ça ne concerne pas la police ! Tintin, vous êtes obligé de nous aider. Milou ne vous sera rendu que lorsque le professeur sera en lieu sûr.
- Milou ?! Qu’est-ce que vous lui avez fait ? S’écria le jeune homme. Je vous préviens que si vous touchez à un de ses poils…
- Milou est confortablement installé. Déclara Dupont.
- Je dirais même plus, Milou est en lieu sûr. Reprit Dupond. Nous ne voulons de mal à personne. Mais nous devons êtres sûrs que vous nous aiderez. Vous aurez toutes les réponses que vous voudrez plus tard.
- Mais enfin ! S’exclama Tintin. C’est insensé ! Dupont, Dupond, nous sommes amis ! Pourquoi tant de mystères ?!
- Vous ne voyez pas qu’on ne peut pas faire confiance à ces marins d’eau douce, Tintin ! Grommela le capitaine.
- Je suis désolé, mais vous n’avez pas le choix. Annonça Dupont.
- Je dirais même plus, vous n’avez pas le choix. On ignore totalement où se trouve le quartier général des nains aphrodisiaques. On connaît par contre leur fournisseur en chaussures. C’est auprès de lui que vous devez commencer vos investigations. Bien sûr, ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air. Le dépôt de monsieur Van Berg est une forteresse, et on ne vous laissera pas y entrer. Le seul moyen pour que vous le rencontriez serait de vous rendre dans son restaurant favori. Il y déjeune tous les jeudis. Bien sûr, l’endroit est entièrement réservé lorsqu’il y va. Vous ne pourrez pas y entrer en tant que clients. Tenez, voilà l’adresse.
- Venez capitaine, ne perdons pas de temps ! »



Le plan du duo reposait sur plusieurs phases dont le timing devait être précis. Le capitaine Haddock commença par acheter un joli panier en osier. Puis il s’invita dans le parc municipal afin d’y emprunter quelques roses, qu’il posa délicatement dans le panier. Tintin de son côté dégaina sa carte de presse en prétextant un reportage sur le système des égouts. Profitant d’un instant d’inattention de son guide, il s’éclipsa dans un couloir qui donnait sur les vestiaires. Un employé qui se douchait avait soigneusement plié son uniforme et l’avait déposé sur un banc. Le jeune homme s’en empara et, déguisé de la sorte, s’engouffra dans un tunnel, muni d’une carte du réseau. Cette traversée des souterrains était aussi répugnante qu’exaltante. Il se trouvait à présent sous le restaurant. Il consulta sa montre : si tout s’était bien passé, le capitaine Haddock devait être à l’entrée. Sa mission était de créer suffisamment d’animation en insistant pour vendre des fleurs, afin de détourner l’attention des hommes de main. Tintin s’équipa d’un pince-nez, puis s’enduit généreusement d’huile d’olive. Il prit une profonde inspiration, puis se jeta à l’eau. Il s’engouffra alors dans un tuyau très étroit, dans lequel il n’aurait jamais pu se glisser sans l’huile. Ondulant tel une anguille, il remonta l’ensemble de la canalisation. Après les secondes les plus longues de sa vie, il vit le bout du tunnel, et enfin, sortit sa tête d’une cuvette de toilettes.




Il se trouvait à présent dans les wcs pour hommes, isolé dans une cabine. Il consulta sa montre waterproof : il était arrivé juste à temps. C’était l’heure précise où le commis de cuisine venait se recoiffer. Conscient qu’il lui fallait l’immobiliser immédiatement, il ouvrit la porte et bondit sur le jeune homme qui s’admirait devant le miroir. Il l’attrapa par les cheveux et lui cogna la tête contre le lavabo, l’assommant. Il emprunta alors les vêtements de sa victime et l’attacha à la cuvette avant de le bâillonner. Ainsi déguisé, il n’avait plus qu’à se rendre en cuisine. Il versa une mixture maison dans le plat de Van Berg, qui ne manquerait pas de venir le féliciter. Et effectivement, il ne lui fallut attendre que quelques minutes avant que ce dernier ne fasse irruption dans la cuisine.
Il commença par flatter Tintin, puis, dégoûté par son odeur, ordonna à ses hommes de se débarrasser de lui.
Sans perdre un instant, le reporter se jeta sur le premier gorille qui se présenta et l’assomma d’un direct en plein visage. Il envoya le second au tapis en lui claquant littéralement la porte au nez. Il constata alors que les hommes de main de Van Berg étaient plus des ouistitis que des gorilles.

« - Laisse moi partir et je te donnerai 50 euros ! S’exclama le vendeur de chaussures.
- Je ne veux pas votre argent. Répondit Tintin. Je veux juste… 50 euros ?! C’est une plaisanterie ? Vous essayez de m’insulter ?! Sachez que je n’ai aucun problème financier monsieur ! Je veux juste retrouver mon ami !
- Mais qu’est-ce que j’ai à voir avec ça ?
- L’adresse où vous livrez les chaussures aux nains. Je la veux.
- Non, je ne peux pas ! Vous ne savez pas ce dont ils sont capables !
- Rassurez-vous. Reprit Tintin. Quand je les aurai trouvés, vous serez le cadet de leurs soucis.
- Je vous note leur adresse, mais vous ne parviendrez jamais à entrer, c’est une véritable forteresse !
- C’est ce que nous allons voir. »

Le jeune homme sortit par la grande porte, conscient que ce geste ne passerait pas inaperçu. Ses ennemis l’attendraient de pied ferme, mais la peur s’installerait. Une fois hors du restaurant, il aperçut le capitaine Haddock qui se disputait avec un fleuriste.

« - Vampire ! Anarchiste ! Bourreau des mœurs !
- Mais enfin capitaine, que se passe-t-il ?!
- Cet hurluberlu ne cesse de déplacer son chariot pour me voler mes clients, voilà ce qui se passe !
- La rue appartient à tous ! Répondit le marchand.
- Allons messieurs, tâchons de nous comporter en gentlemen. Intervint Tintin.
- Mille milliards de mille sabords ! S’exclama Haddock. Ne me dîtes pas que vous donnez raison à cet Olybrius Tintin !
- Il ne s’agit pas de ça capitaine. Nous avons ce pour quoi nous sommes venus.
- Vous l’avez ? Mais c’est formidable ! Mais je ne peux pas laisser ce malotru se conduire ainsi en toute impunité ! S’écria le capitaine. Mais… où est-il passé ?
- Peu importe. Nous n’avons plus de temps à perdre ! Venez !
- Escroc, imposteur… »

Si Van Berg avait dit la vérité, le professeur Tournesol était retenu dans un vieil entrepôt aux abords de la ville. Effectivement, un assaut frontal paraissait extrêmement dangereux. Ils n’avaient que peu de temps pour préparer leur stratégie. Ils retournèrent à Moulinsart, espérant trouver une invention de leur ami dont ils pourraient se servir afin de mener leur attaque. La pièce qu’avait investie le professeur était dans un tel désordre qu’ils ignoraient totalement où chercher.

« - Tintin, venez voir ! J’ai trouvé !
- Je suis désolé capitaine, mais je ne crois pas que ce soit le moment de faire de la motocyclette. Gronda Tintin.
- Mais non sacripant ! Regardez les plans dessinés par Tryphon ! C’est notre porte d’entrée ! »



A suivre

vendredi 2 juillet 2010

Tintin contre les nains aphrodisiaques - volume 1 épisode 1

Voici donc le début d'une nouvelle fan fiction mettant en scène le célèbre reporter belge. En guise d'introduction, je vous propose une vidéo faite maison qui n'a rien à voir avec le sujet. Je précise que j'adore les kangourous et qu'il me semble qu'il y a eu plus d'humains blessés que d'animaux:







Le capitaine Haddock sirotait une bière à la terrasse d’un bar. Il aimait s’isoler régulièrement, loin de Moulinsart, et renouer avec ses habitudes de marin. Sa vie avec Tintin était passionnante, mais il avait parfois l’impression de ne plus être lui-même. Alors qu’il était obnubilé par cette introspection de comptoir, son attention fut captée par le spectacle d’un groupe de nains habillés en mimes qui se trémoussaient comme des danseurs de salsa ayant abusé du chili con carné épicé. C’était une vision insolite, et il ne put s’empêcher de remarquer que tout le monde, lui compris, semblait sensible à ce qu’il se passait. Très sensible.
A quelques kilomètres de là, le professeur Tournesol travaillait à la création d’une prothèse capillaire censée décupler les capacités intellectuelles de son porteur. C’était un projet ambitieux qu’il entreprenait avec son confrère et ami, le professeur Dubloc, un homme chauve à la barbe rousse impressionnante. Tout à coup, la sonnerie de la porte d’entrée du laboratoire retentir :

« - Tiens, nous avons de la visite ! S’exclama Dubloc.
- Comment ça je ne suis pas invisible ? S’exclama Tournesol.
- Non, je voulais dire qu’on sonne à la porte !
- Bien sûr que c’est une teinture naturelle. Répondit Tournesol. Vous savez bien que je suis contre tous ces produits chimiques !
- Laissez tomber, je vais ouvrir la porte. Reprit Dubloc.
- Je ne vous le fais pas dire ! »

Lorsque le professeur Dubloc ouvrit la porte, il fut surpris de ne trouver personne face à lui. Puis il baissa les yeux et constata que c’était un nain au regard lubrique qui venait de sonner. De manière inexplicable, il sentit ses hormones le réchauffer de part en part.

Au même moment, Tintin couvrait une exposition au musée pour le quotidien « Moulinsart People ». Le thème était les hommes fleurs du Rhin. Ce sujet n’intéressait pas du tout le jeune homme, mais il devait refaire ses preuves en tant que journaliste avant qu’on ne lui confie des enquêtes plus sérieuses. Il avait décidé de reprendre son travail pour s’éloigner un peu de Moulinsart, où il avait l’impression de ne plus avancer. De plus, l’attitude paternaliste du capitaine Haddock le mettait de plus en plus mal à l’aise, et il avait besoin de réfléchir à leur relation.

Alors qu’il s’apprêtait à prendre en photo l’une des statues d’homme fleur, une petite forme roula devant lui en couinant. Il constata alors qu’il était entouré de nains déguisés en hommes fleurs. Or, il savait pertinemment que ce groupe refusait les personnes qu’il qualifiait de « différentes », raison pour laquelle il n’avait lui-même pas pu en faire partie. Tout à coup, le conservateur du musée trébucha sur l’un des nains. A peine l’avait-il touché qu’un désir irrépressible d’organiser une orgie l’envahit, ce que ne manqua pas de remarquer Tintin. Cette atmosphère de désir s’étendit à chaque personne qui rentrait en contact avec l’un des nains. Le reporter comprit alors qu’il était leur cible. Ils s’approchaient lentement mais sûrement de lui, et s’apprêtaient à le toucher à tout instant. Il ne pouvait pas se laisser faire. Tel Conan le destructeur, il devait s’emparer d’une épée à faire tournoyer. Faute de lame, il attrapa un lourd vase et tenta de balayer ses adversaires. Mais il perdit l’équilibre et s’étala de tout son long. Il avait raté sa chance et était à leur merci…. C’était la fin.
Il se roula en boule dans l’attente de l’attaque. Mais après une vingtaine de secondes, rien ne s’était passé. Il ouvrit les yeux et vit les Dupont et Dupond qui l’aidèrent à se relever.

« - Sapristi, je n’ai jamais été aussi content de vous voir !
- Nous n’avons pas le temps de parler. Lança Dupond. On doit y aller !
- Je dirais même plus. Ajouta Dupont. Nous devons partir ! »

Les nains reposaient tous au sol, inconscients. Sans perdre un instant, le trio sortir du musée et s’engouffra dans une berline noire. Le reporter était encore sous le choc. Il n’avait jamais été confronté à une telle attaque, et il n’avait pas l’habitude d’être secouru par Dupont et Dupond.
Ces derniers étaient d’ailleurs étonnamment silencieux. Tintin reconnut alors le quartier où ils se trouvaient : c’était là que le professeur Tournesol se rendait lorsqu’il souhaitait mener des expériences sans risquer les représailles du capitaine Haddock.

Il n’eut pas le loisir de s’interroger davantage sur la raison de cette destination, car les frères policiers l’invitèrent à descendre de voiture. Le trajet jusqu’au laboratoire se fit sans qu’une parole ne soit échangée. Lorsqu’ils furent à proximité de l’entrée, Tintin aperçut des jambes. Quelqu’un était allongé sur le pallier, et ce n’était certainement pas pour faire une sieste. Il s’approcha, anxieux. Tournesol était-il évanoui, ou était-ce plus grave ? Une fois devant l’encadrement de la porte, il constata avec soulagement qu’il ne s’agissait pas de son ami mais d’un homme chauve à la barbe rousse.

Peu intéressé par le sort de l’inconnu, le reporter pénétra dans le laboratoire et entreprit d’examiner la scène du crime. La victime tenait la manche d’une veste qui pendait au porte-manteaux d’entrée. Tintin vit la scène : on sonne à la porte. Le chauve hideux ouvre. Un nain aphrodisiaque se jette sur lui. L’homme bascule en arrière et tente de se rattraper à une veste, mais la manche qu’il agrippe se déchire et il est précipité au sol. Le plaisir provoqué par l’explosion hormonale n’a d’égale que la douleur de son crâne qui s’écrase contre le carrelage.

Tintin s’approcha alors d’un établi où reposaient des débris de tubes à essai. Tournesol n’a pas entendu l’affrontement entre son confrère et leur visiteur. Il reste concentré sur sa tâche et tente d’assembler deux composés extrêmement instables. Au moment où le nain bondit pour appliquer un mouchoir imbibé de chloroforme sur son visage, le professeur mélange les produits. Une petite explosion souffle alors les deux hommes qui mordent la poussière.
Tournesol avait donc été kidnappé… Mais pourquoi ?! Qui pouvait en vouloir à un homme si charmant ? A moins qu’une de ses conventions ne soit convoitée par quelque esprit maléfique. Oui, c’était certainement ça.

Des éclats de voix attirèrent l’attention du jeune homme. « Tonnerre de Brest ! Vous allez me dire ce qu’on fait là bande de moules à gaufres ! »
Le capitaine Haddock fit alors irruption, suivi de Dupont et Dupond. Mais cela n’avait aucun sens ! Les 2 frères policiers étaient déjà dans le laboratoire avec Tintin. A présent, ils étaient 4 !

« - Messieurs, je crois que vous nous devez quelques explications ! Déclara le reporter.
- Je suis désolé, nous ne pouvons rien dire pour l’instant. Répondit Dupond.
- Je dirais même plus. Reprit Dupont. Nous ne pouvons rien dire pour le moment !
- Mille milliards de sabords ! S’écria le capitaine. Iconoclastes ! Va nus pieds !
- Calmez-vous capitaine ! Intervint Tintin. Je suis certain que nos amis ont une explication.
- En effet, mais nous ne pouvons pas en parler maintenant. Répondit Dupont.
- Je dirais même plus, compléta Dupond, nous ne pouvons pas en discuter maintenant.
- Et vous croyez qu’on va vous suivre comme ça ? S’écria Haddock. Bande de bachibouzouks !
- Nous sommes désolés. Déclarèrent les Dupons. Mais vous devez nous suivre. »


A suivre....

mardi 25 mai 2010

Et si Daredevil avait été sourd muet? - une fan fiction dramatique.

C'est suite à l'invitation de DDaDDy DDoDDu du blog http://contesdehellskitchen.blogspot.com
que j'ai rédigé cette petite fan fiction sur tête à cornes.

"Je m’appelle Uatu. Je suis le gardien de cet univers. Notre rôle est d’observer, sans jamais agir. Dans votre monde, le justicier masqué Daredevil a transcendé sa cécité pour devenir un avocat brillant et un héros respecté. Mais que ce serait-il passé si l’homme sans peur avait été sourd et muet ?


Observons Matt Murdock étudiant. Son compagnon de chambre, Franklin «Foggy » Nelson est l’objet des brimades de leurs camarades. N’ayant à sa disposition que le langage des signes pour s’exprimer, Matt ne parvient pas à apporter un réconfort immédiat à Foggy. Les liens presque fraternels des deux hommes ne se créeront jamais, et rapidement, Nelson va persécuter Murdock. En s’attaquant à celui qui passe pour plus faible que lui, Foggy passe du statut de victime à celui de bourreau, trouvant sa place auprès des autres étudiants. Le jeune Matthew ne parvient pas à se concentrer sur ses études, et ses notes dégringolent.


L’arrivée d’une étudiante Grecque appelée Elektra Natchios est un rayon de soleil dans la vie du jeune Murdock. Mais alors qu’il prend son courage à deux mains et se décide à l’aborder, la jeune femme s’amuse de son handicap. En la voyant dans les bras de son ennemi juré, l’ignoble Foggy, Matt, totalement désabusé, décide d’abandonner les études et de suivre les traces de son père sur le ring. Mais lorsqu’il annonce son projet à Jack Murdock, ce dernier, saoul comme un tonneau, lui assène une sévère correction avant de noyer son chagrin dans une quantité encore plus impressionnante d’alcool. Et c’est avec un taux de 8,5 grammes par litre de sang que Jack Murdock chute du toit d’un immeuble en tentant de décrocher la lune.


Fou de douleur, Matt décide de se faire le porte parole de ceux qu’on ne laisse pas parler, la voix de ceux qui souffrent en silence… Utilisant le caleçon de boxe et la serviette d’exercice de son père, il se confectionne un costume. Et puisqu’on le surnomme le muet, son uniforme fera du bruit. Il sera même assourdissant. Le soir venu, il se glisse par la fenêtre de son appartement et saute de toit en toit, à la recherche d’une cause à défendre. C’est alors qu’il aperçoit un couple entouré par quatre délinquants. Sans hésiter, il bondit à leurs côtés, dans un grand tintement grâce aux nombreuses cloches qu’il a accrochées à son costume. Il entreprend alors d’expliquer aux agresseurs que le crime ne paie pas, mais son emploi du langage des signes ne provoque que l’hilarité.

Il jette alors un regard agacé au couple… et reconnaît Foggy et Elektra. Hors de lui, il attrape son ennemi par le col et lui assène une dizaine de coups de poing, jusqu’à ce que son visage ne soit plus qu’une bouillie rougeâtre. Stupéfait par son acte, il n’arrive plus à détacher son regard de sa victime. Ce sont finalement les 4 agresseurs qui l’empoignent et l’amènent devant leur chef, en le louant pour son incroyable violence.
« - Je suis Wilson Fisk, le caïd du crime. Mes hommes pensent que tu pourrais travailler pour moi.
- Je n’ai plus rien à perdre. Répond Matt en langage des signes.
- Un sourd muet ? Intéressant ! Je n’aurai pas trop à me soucier de tes bavardages. Tu vas devenir mon bras droit.
- Mais vous ne pouvez pas faire ça, patron ! Lance un homme en costume noir.
- Tu n’as pas à intervenir Bullseye. Lance le caïd. »

Matt s’engage alors dans la violente croisade du caïd pour maintenir son empire criminel. Une relation père/fils se noue entre les deux hommes lorsque Matt empêche une tentative de meurtre de Bullseye durant laquelle Richard Fisk, le fils naturel du caïd, perd la vie. A la mort de Wilson Fisk, Murdock prend possession de son héritage et décide de se racheter en œuvrant pour la ville et ses habitants les plus défavorisés.


Mais avant qu’il n’ait le temps de mettre son projet à exécution, il est assassiné par le beau-frère de Foggy, Frank Castle, qu’un indicateur anonyme (Bullseye) a informé de son identité.
Si la cécité a fait de Matt Murdock un héros, la surdité en a fait un martyr. Votre Daredevil a beaucoup souffert, mais c’est parce qu’il avait connu le bonheur qu’il a été atteint. Ce Murdock là n’aura jamais eu de réconfort. "