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lundi 11 avril 2011

It's gonna be LEGENDARY!

Quand on est passionné, on passe une bonne partie de son temps à tenter d'assouvir sa passion. En tant que fan de Christopher Nolan, je possède bien sûr tous ses films, y compris le moyen métrage The Following. Ayant déjà critique ses 2 Batman, ainsi qu'Inception, à propos duquel j'ai d'ailleurs rédigé une théorie. A l'occaion de la sortie du film, je ne pouvais pas passer à côté de la version collector.... ni du livre du scénario, comportant quelques planches de story-board crayonné par Nolan lui-même, ainsi qu'une conversation entre lui et son frère Jonah (qui écrit souvent les scénarios avec lui) à propos de la réalisation du flm, et de la mise en scène en général.

La mallette contenant la fameuse édition collector.

Une édition bien remplie

Le livre contenant le scénario, vendu à part

Le dvd des bonus ainsi que le comic book prologue du film, écrit par un des producteurs.
 


Le dossier de presse making off, ainsi que les deux bluray et le dvd du film.


Pour compléter les articles déjà existants, je rédigerai prochainement des anayses des autres films de Christopher Nolan. Pour assouvir mes autres passions, je n'ai pas à chercher bien loin. En effet, la profusion de films au budget dérisoire et aux qualités souvent inexistantes assure aux insatiables fans de zombies la possibilité de se gaver de massacres de morts vivants. Mais cette tendance à surexploiter le filon, souvent sans talent, a également donné une image peu flatteuse au genre. C’est d’autant plus regrettable que le film de zombies a eu ses lettres de noblesse, notamment grâce à celui qui a défini l’image moderne du mort vivant, George A. Romero. Ainsi, le genre a acquis la reconnaissance, comme en témoigne les hommages de certaines séries tv. Les Simpson invitent régulièrement des célébrités, et dans la saison 12, c’est Tom Savini qui intervient dans « le pire épisode ». Savini est l’une des maquilleurs les plus réputés, en particulier pour son travail sur les films de Romero et le premier « Vendredi 13 ». Entre parenthèse, il est aussi réalisateur, acteur et cascadeur (avec plus ou moins de réussite dans ces domaines). Son art est représenté de façon hilarante dans le dessin animé, à coups d’explosions de ventre, et têtes détachées et de mains qui lévitent.


La série « Weird Science » (« Code Lisa » en France) a également mis le genre en valeur dans l’épisode 12 de la saison 4 où les héros tentent de réaliser un film de zombies. Grâce aux pouvoirs du génie, les figurants vont être remplacés par de vrais morts vivants, conduisant à une course poursuite farfelue. Bien sûr, d’autres séries dont les thèmes sont centrés sur le fantastique ou l’horreur ont également exploité l’image des morts-vivants. A commencer par l’épisode 12 de la saison 5 de « Tales From The Crypt » (« Les Contes De La Crypte » chez nous) dans lequel il est question de vaudou et d’hommes trahis par leurs amis qui reviennent se venger après la mort. Plus récemment, l’épisode « Homecoming » réalisé par Joe Dante pour « Masters Of Horror » a tenté de renouer avec le discours social que permet l’utilisation des zombies, pour un résultat un brin douteux (qui méritera d’ailleurs un article). « Fear Itself », qu’on peut considérer comme la 3ème saison de « Masters Of Horror », a également mis en scène des goules, dans un épisode qui base toute son histoire sur son twist. « New Year’s Day » est réalisé par Darren Lynn Bousmann, que les amateurs de Saw connaissent bien. Photographie réussie, mais réalisation clippesque et impersonnelle, le plus gros problème de cet épisode qui reste sympathique, est de ne s’appuyer que sur son twist, alors qu’il est difficile de ne pas prévoir l’issue. Le côté nihiliste de l’ensemble reste agréable malgré tout.



 
Mais le cinéma, la télévision et la littérature ne sont pas les seuls médias dans lesquels on peut retrouver nos goules préférées. Avec l’explosion des jeux en téléchargement sur les plates-formes comme le xbox live, le wii ware et les applications pour I-phone, les mini jeux prenant les zombies comme protagonistes sont également très nombreux. La société Fabrication Game l’a compris, en promettant de livrer le meilleur jeu pour I-phone. Leur stratégie ? Consulter les statistiques des recherches d’application, supprimer les personnages sous copyright comme Mario ou les sims, et utiliser les mots qui revenaient le plus souvent. Le résultat ? « Free Zombie Hero – Angry Ninja War ». Ayant eu l’occasion de jouer à ce jeu, et à d’autres applications sur les morts vivants sur I-phone, je dois dire qu’il s’agit, pour moi, du plus marquant. On sort du traditionnel shooter vu du dessus, ou du tps à la jouabilité archaïque à cause de déplacements impossibles avec l’écran tactile. Le but est simple : enfiler les collants de Zombie hero et sa cape, et sauter sur des ninjas pour enchaîner les scores et les bonus. Toucher le sol signifie perdre un membre, jusqu’à n’être plus que de la purée. Simple, le jeu est appuyée par une bande son aussi entrainante qu’obsédante, pour un résultat qui devient vite addictif. Vraiment très très sympathique. Le defense tower a également eu droit à ses représentants avec l’amusant « plant vs zombies », qui ne donne plus envie de lâcher la manette. Parmi les autres titres à l’humour évident « Pirates Vs Ninjas dodgeball », dans lequel les parties de balle au prisonnier sont toutes plus violentes les unes que les autres. Il est possible d’incarner une équipe de morts vivants étonnamment pleins de vie. Le résultat ne mérite pas de dépenser une fortune, mais à moindre coût, voilà un jeu qui promet des soirées endiablées entre amis.


Et si les fans de morts-vivants ont un grand nombre d’occasions pour assouvir leur passion, on trouve également largement de quoi satisfaire ceux qui ne jurent que par Green Lantern ou La Chose. Outre l’augmentation exponentielle de films dédiés aux super-héros, et bien sûr les revues dans lesquelles on peut lire leurs aventures, on trouve de plus en plus de dessins-animés, comme le démontrent les carrières de spider-Man, qui comptabilise à lui-seul pas moins de 6 dessins animés et 2 séries tv, ou de Batman. Outre ces aventures télévisuelles, dont on trouve facilement la trace sur internet, la popularité de nos héros permet de trouver très facilement des vêtements à leur effigie, certaines enseignes ayant notamment signé un contrat avec Dc l’an dernier et proposant des t-shirt présentant des couvertures classiques. Aux Etats-Unis, on peut trouver tellement d’articles dédiés aux héros qu’il est difficile d’en faire une liste. De la vaisselle aux serviettes de bain en passant par les figurines plous ou moins grandes, pour finir par des distributeurs de bonbons, les héros sont partout. Les figurines sont d’ailleurs plus que jamais à la mode, comme l’explique en images DDaDDy DDoDDu sur son blog : http://contesdehellskitchen.blogspot.com/search/label/Marvel%20Minimates%20Daredevil.

Et comme les justiciers masqués ne sont pas des brutes, on peut même les retrouver en jeu de société, comme dans cette variation du jeu Stratego.








Je parlais plus tôt des T-shirts, plus en vogue que jamais, voici ma petite collection personnelle (à noter qu l'un d'eux n'est pas à moi, je vous laisse deviner lequel...)









Comme à chaque fois qu’un thème devient un phénomène populaire, il faut dissocier le bon du mauvais, mais avec une telle quantité d’articles, chacun est en mesure de trouver son bonheur. Le principal, c’est de rester passionné et de ne pas céder à la consommation réflexe ou à l’overdose !

mardi 7 décembre 2010

The Walking Dead- Bilan de la saison 1


Après s’être extasié devant l’épisode pilote de l’adaptation télévisuelle du comic de Robert Kirkman (http://histoires2comics.blogspot.com/2010/11/walking-dead-avis-sur-lepisode-pilote.html) et maintenant que le dernier épisode de cette première saison vient d’être diffusé, il est temps de dresser un bilan. A ce titre, il est intéressant de s’attarder sur le nombre de spectateur réunis devant ce final : 6 millions, un chiffre qui conforte donc les producteurs dans leur choix de mettre en scène une seconde saison. Car au moment de lancer la production, Frank Darabont n’a pas eu que des portes ouvertes en présentant son projet d’adapter l’univers de Kirkman, la mode étant plus aux shows légers ou aux séries médicalo-sentimentales. Une fois l’entreprise mise en tension par AMC, les équipes n’ont donc eu que peu de temps pour mettre en scène les 6 épisodes, sans avoir l’assurance de pouvoir filmer une suite aux événements décrits. Maintenant que l’on sait qu’il y aura bien une deuxième saison (en Octobre 2011) et que la série a reçu un accueil plutôt bon, voilà une interview de Robert Kirkman qui pourrait donner quelques clés sur l’avenir de la série : http://insidetv.ew.com/2010/12/06/walking-dead-finale-robert-kirkman/. En tout cas, il semble que le récit, qui s’est déjà éloigné de celui du comics, au grand dam de certains fans, soit susceptible de continuer son propre chemin pour les 13 épisodes à venir. J’avais fait le choix de ne pas lire la bande dessinée avant de voir l’adaptation, et je ne le regrette pas, car j’ai pu construire mon opinion sans attente liée à mon appréciation du format d’origine. Maintenant que la césure entre les deux histoires semble importante, je pense prendre le temps de lire le comics avant de voir la deuxième saison du show d’AMC.

Après un premier épisode à la réalisation aussi efficace qu’esthétique, loin des effets de mode actuels et des mises en scène qui se veulent percutantes qu’on retrouve dans la plupart des séries tv, on ne pouvait qu’appréhender le départ de Frank Darabont du poste de réalisateur. L’artiste a néanmoins conservé un regard permanent sur la série en tant que producteur, mais aussi en écrivant les scénarios. Alors y a-t-il une unité, une cohérence dans le style d’un épisode à l’autre ? Globalement, les réalisateurs, tous habitués à la mise en scène de séries tv, certains ayant même déjà travaillé sur des titres communs, ont réussi à insuffler une dynamique d’équipe, et si chacun possède un style qui lui est propre, il y a une certaine unité dans la mise en image. Unité malheureusement mise à mal par un épisode ignoble, souffrant des pires formes de montage de la génération mtv, et qui semble avoir été filmé en studio, enchaînant les gros plans et ne se souciant jamais de laisser voir au spectateur les événements. Par chance, on peut considérer cet épisode comme un incident de parcours, et la série se conclut sur un véritable bang, comme on pouvait s’y attendre.


Après l’atmosphère de solitude pesante face à un monde de chaos, notre héros, Rick, va rapidement retrouver sa petite famille et une troupe de survivants aux origines diverses et variées, entrevue brièvement à la fin du pilote. Passée la surprise de découvrir un autre nom que celui de Darabont à la réalisation, le deuxième épisode s’ouvre sur un plan séquence rassurant, puisqu’en phase avec ce que le metteur en scène de « Shawshank Redemption » et « The Green Mile » a instauré jusque-là. La réalisation reste d’envergure lorsqu’on retrouve Rick en position difficile, coincé dans un tank en plein Atlanta envahi par les marcheurs, avec un travelling en plongée des plus immersifs. Le rythme trépidant de ce nouvel épisode permet de rapidement mettre en place l’évolution de la situation du personnage, qui doit désormais se faire accepter d’un groupe et ne peut plus jouer les cavaliers seuls. On regrettera l’utilisation un peu plus appuyée par moments des gros plans tremblotants en caméra à l’épaule, mais la réalisatrice n’abuse pas de ce procédé, et son style se situerait à mi-chemin entre la réalisation plus classique d’un Darabont, et le style moderne et frénétique des séries tv. De plus, elle utilise les gros plans principalement lorsque le décor ne permet pas de plans d’ensemble, comme dans le tank. La tension est permanente dans cette épisode, et retranscrite avec beaucoup d’efficacité tant par le montage que le jeu des acteurs, qui expriment de façon très convaincante ce sentiment d’alerte oppressant. Les inévitables tensions entres personnages très différents obligés de travailler ensemble surgissent de façon peu surprenante par l’intermédiaire du traditionnel redneck (plouc chez nous) raciste, interprété par un Michael Rooker (Replicant) habité. Mais au-delà du déjà-vu de cette situation, ce sont ses conséquences qui sont intéressantes, et ce qu’elles interrogent sur les différents protagonistes. La question du choix devient dès lors le centre du récit, et elle ne cessera de mettre les personnages face à leurs contradictions dans un monde en plein apocalypse, où les valeurs traditionnels n’ont peut-être plus leur place. Car c’est bien là la question d’une histoire comme « The Walking Dead ». On ne peut pas continuer à vivre sa vie de tous les jours comme avant dans un monde en extinction, alors peut-on encore s’attacher à ses principes et à ce qu’on a appris auparavant sur le bien et le mal ? Un dilemme qui n’est pas sans rappeler la magnifique adaptation du roman de Corman Mccarthy, « The Road », réalisé par John Hillcoat. L’une des scènes de ce deuxième épisode est particulièrement intéressante à ce propos. Sans révéler ce dont il est question, une carte d’identité créera une réflexion sur ce que sont les marcheurs, et jusqu’où on peut se débarrasser d’eux sans se comporter de façon indigne. Mais c’est surtout le dilemme humain, puisqu’une fois de plus, le plus grand danger n’est pas toujours causé par les zombies, mais bien par les vivants entre eux, qui restera en mémoire. Cet épisode n’apporte d’avancée spectaculaire dans le récit, mais permet d’approfondir de façon crédible les interactions entre les personnages, et les interrogations morales dans de telles circonstances, tout en offrant des scènes d’action spectaculaires, bénéficiant une nouvelle fois de maquillages très réussis, dans des geysers de sang toujours plus jouissifs. Et si la réalisation est un peu impersonnelle, elle reste de qualité et permet de profiter efficacement du spectacle.



Ce qui n’est pas le cas d’un troisième épisode véritablement médiocre. Dès les premiers plans, qui font suite à l’une des suspenses précédents, on a l’impression que les décors naturels on cédé la place à des décors de studio. La mise en scène est plate et sans envergure, et ne parvient jamais à apporter une dynamique aux échanges verbaux. Un défaut d’autant plus regrettable qu’il s’agit de l’épisode possédant le moins d’action et le plus centré sur les dialogues. Si la scène de retrouvailles entre les membres de l’expédition et le groupe resté au campement, et surtout Rick et sa famille bénéficie d’une atmosphère chaotique appropriée, au milieu des cris et des bruits d’alarme, on ne peut que regretter l’infâme bouillie visuelle qui ferait passer le final d’un film sous amphétamines comme « Turkish Star Wars » pour une scène de repas chez les Flanders. Et cette sensation de mal de mer ne quittera jamais le spectateur qui subira tout l’épisode les choix malheureux de mise en scène et de montage. Même les scènes les plus anodines sont plus frénétiques que le débarquement dans « Il faut Sauver Le Soldat Ryan ». Les quelques tentatives pour livrer une réalisation plus ambitieuse, pour donner du relief à certaines scènes (comme lors de l’attaque d’un marcheur sur un cerf) ne suffisent pas à compenser les maladresses répétées. Et que dire de la seule opportunité qu’avait la réalisatrice de prouver son habileté, puisque le seul affrontement avec un zombie est tellement mal filmé que le spectateur n’a même pas le plaisir de profiter des maquillages ? Pourtant, l’épisode en lui-même reste intéressant, grâce à ses qualités d’écriture, qui rendent les scènes intimistes très vivantes. Outre le triangle amoureux qui promet des scènes tendues et pleines de suspense, les scènes autour du feu apportent une dimension très humaine et sincère, et chaque personnage bénéficie d’un petit détail au moins qui le rend véritablement unique. Mais ces échanges conviviaux ne font jamais oublier que le danger n’est jamais loin, et qu’il n’est jamais là où on l’attend. Le traitement des violences conjugales est à ce titre bien exploité, et paraît d’une grande justesse. Une fois de plus, l’épisode se conclut sur un suspense, mais laisse moins le spectateur dans l’attente que dans l’appréhension. En effet, la qualité va-t-elle encore se dégrader ? L’épisode 2, très réussi, était déjà moins bon que le premier, et le troisième, malgré une histoire intéressante, reste très décevant techniquement.





Et malheureusement, ce n’est pas la scène d’ouverture du quatrième épisode qui vient contredire cette appréhension. Si le dialogue entre les deux sœurs est dans la continuité du côté intimiste propre au récit, sa mise en scène d’une platitude incroyable ne le rend pas aussi intéressant qu’il pourrait être. C’est d’autant plus dommage que ces scènes banales sont primordiales pour installer un climat de vie quotidienne au milieu de l’horreur, pour montrer que les personnages se rattachent à leurs souvenirs pour trouver la force de continuer, alors même qu’ils ignorent s’il y a de quoi continuer. Puis passée cette introduction, la mise en scène va prendre de l’ampleur, se rapprochant davantage de la réalisation de l’épisode 2 que de celle de l’épisode 3. Ainsi les gros plans alternent harmonieusement avec des plans d’ensemble et des travellings qui permettent de découvrir les décors et les situations progressivement. Le montage donne un rythme très dynamique au récit, alternant la quête du groupe parti en mission à Atlanta et la confrontation de ceux restés au camp avec la folie de l’un d’eux. L’horreur va s’exprimer de façon très différente, mais avec toujours autant de violence. Que ce soit par la vision d’un membre coupé, ou le récit de la mort d’une famille qui a permis à un père de sauver sa propre vie, la violence ne quitte jamais les rescapés, et la mort les guette à chaque instant. L’intrigue lance même la piste d’un aspect prophétique avec les cauchemars et les annonces de l’un personnages, dont l’intensité des propos n’a d’égale que l’assurance avec laquelle il les avance. Mais alors que le spectateur s’interroge sur l’avenir de ces personnages qu’il commence à connaître, il est confronté au fait que n’importe lequel d’entre eux peut disparaître. Une réalité qui conduira à des rencontres chargées de tension, où les armes à feu deviendront aussi bien des moyens de pression que la source même du conflit. Mais le rythme de cette scène va être cassé de façon très pertinente par un personnage qui présentera une autre réalité, et une horreur encore plus humaine. Une fois de plus, le scénario est écrit avec beaucoup d’humanité et pose des questions qui sont aujourd’hui plus que jamais d’actualité, et qui inévitablement se poseraient dans de pareilles circonstances. Alors qu’on pourrait croire certains personnages stéréotypés, la plupart révèle progressivement une profondeur très juste, et la scène de la maison de retraite est aussi touchante que triste. La réalisation va se montrer de plus en plus convaincante, avec une utilisation très intéressante des travellings, que ce soit lorsqu’on découvre lentement, au rythme des personnes qui les peuplent, les couloirs de la maison de retraite, ou lors d’un travelling de face sur un quator dont tout le poids de la course est palpable. Et au milieu de ces événements chaotiques, la question du temps vient interroger les survivants sur le sens de leur vie, de leurs valeurs passées, citation de Faulkner à l’appui. En ces temps de citation facile, où Twilight et Harry Potter sont les références les plus évidentes, il est agréable de voir une référence qui ne soit ni facile, ni gratuite, mais qui apporte un réel approfondissement aux thématiques du récit. Et une fois n’est pas coutume, la qualité des dialogues, et l’importance des moments de calme, ne vient jamais faire oublier l’omniprésence de la menace, ce qui donnera lieu à un final très spectaculaire, à la lisibilité et au dynamisme très appréciables. Les effets sanglants sont également très réussis, ce qui permet de conclure l’épisode sur une note brutale et dure.

La qualité ayant subi un decrescendo de l’épisode 1 à l’épisode 3, on peut tout à fait s’attendre à l’effet inverse de l’épisode 4 à l’épisode 6. Et effectivement, l’épisode 5 s’annonce immédiatement comme celui le plus proche du travail de Frank Darabont, avec une réalisation plus classique, mais aussi plus élégante. La caméra se déplace lentement, rappelant l’effrayante tranquillité du réalisateur de « the Green Mile ». On constate également l’utilisation appuyée des contre-plongées, peu employées jusque-là. Procédé plutôt efficace, qui remet en perspective la place des personnages dans l’immensité des paysages où ils ne représentent pas grand-chose. La mise en scène va d’ailleurs être continuellement intéressante, comme lors de ce plan à l’esthétique digne des meilleurs westerns dans lequel un survivant mordu par un marcheur se retrouve seul face aux autres survivants. Esthétiquement, le tout est très réussi, et il s’agit aisément de l’épisode le mieux réalisé après le pilote, sans pour autant que l’aspect visuel soit trop léché. Car on ne peut que saluer le parti-pris de ne pas avoir cédé à la suresthétisation qui aurait amoindri l’horreur du contexte. Et cette horreur va être mise en parallèle de façon percutante, face aux réactions de survivants dont un proche a été infecté. Le caractère unique de chacun va donner lieu à des résolutions parfois surprenantes, souvent touchantes, mais toujours écrites avec sincérité et justesse. Les acteurs sont d’ailleurs très convaincants, et contribuent largement à rendre leurs personnages vrais. Les questions du choix, des valeurs et de la dignité qu’on doit accorder à ceux qui ont été infectés vont être remises en avant de façon pertinente lors d’une scène de massacre, qui interroge plus que jamais l’humanité des personnages. Et une fois n’est pas coutume, on évite la caricature, même avec les protagonistes qui paraissent les plus stéréotypés. Daryl, second redneck, va devenir l’un des héros les plus intéressants, se montrant bien plus profond que sa beaufitude ne pouvait le laisser croire, tout en restant toujours crédible et vrai. La volonté de toujours mettre en avant l’évolution des personnages donne beaucoup plus d’intensité au récit, et permet de créer des scènes de tension non seulement appropriées aux situations, mais plus réalistes car on connaît davantage les intervenants. L’atmosphère sonore, toujours en phase avec l’histoire, va appuyer de façon plus prononcée que d’habitude le récit, avec l’utilisation de l’adagio In D Minor que John Murphy avait composée pour « Sunshine » de Danny Boyle, et qu’on a pu entendre récemment dans le film « Kick-Ass ». Finalement, après une scène difficile, qui pose la question du choix, le groupe va être confronté à un changement de situation qui rappellera immanquablement des souvenirs aux fans du « Day Of The Dead » de Romero…



 Et pour changer, cet ultime épisode de la saison 1 va s’ouvrir sur un flashback, qui n’apporte pas de révélation révolutionnaire, mais donne un éclairage très intéressant à un contentieux au centre du récit, et surtout approfondit l’un des personnages, dont le traitement paraissait jusqu’ici un peu plus manichéen. Ce sixième épisode s’annonce plus porteur d’espoir que les précédents, et s’ouvre sur une série de scènes positives, pleines de convivialité. Ce passage est d’ailleurs un peu long, et l’utilisation répétée des scènes de douche est d’une grande maladresse. En plus d’être cliché, ce procédé est monté sans pertinence. Ce qui est intéressant, c’est plutôt la confrontation entre le groupe, qui semble plutôt uni, et le nouveau personnage, un scientifique dont le détachement semble le signe d’une dépression. Le personnage évolue dans sa propre bulle, comme s’il n’était pas dans le même univers que ceux qu’il vient d’accueillir, et le jeu de Noah Emmerich est particulièrement convaincant. La mise en avant d’un regard scientifique  renforce le sentiment d’hommage à « Day Of The Dead », et semble inévitable pour rendre crédible l’épidémie. On notera également un compliment aux français, comme si l’équipe voulait compenser les nombreuses moqueries dont les français sont victimes dans les films américains et certains comics depuis quelques années. Au-delà de l’aspect amusant de cet exemple, on peut se demander s’il faut y voir un renseignement sur la saison 2 à venir, bien que cela paraisse peu probable. Ce dernier épisode n’apporte finalement pas tant de réponse qu’on pourrait le croire, et ne met bien sûr pas un point final à la série. Darabont a décidé de ne pas encore laisser trop de pistes en suspens, puisque la continuité du show n’était pas encore assurée, tout en laissant des portes ouvertes. La résolution reste en tout cas spectaculaire, et permet de sceller des destins, mais aussi des liens. Pour finir, on aura droit à quelques décapitations et tirs en pleine tête bien défoulant, mais c’est vraiment ce sentiment de reprise de la route qui prédomine.




Hormis un troisième épisode désastreux, cette première saison de « The Walking Dead » reste très intéressante. Si tous les réalisateurs n’ont pas le talent de Darabont, il y a tout de même un véritable sentiment d’unité dans leur travail, une cohérence primordiale pour la continuité du show. L’histoire avance lentement, privilégiant le développement des personnages, ce qui permet de s’attacher à eux, et donne davantage envie de suivre leurs péripéties. Attendre un an pour voir la deuxième saison va être difficile, mais permettra à l’équipe de prendre le temps nécessaires pour mettre en scène 13 épisodes de qualité, et nous surprendre encore. Un bilan donc très positif, pour une série suivie avec beaucoup de plaisir, et qui est à classer dans les titres qui rendent leurs lettres de noblesse aux morts-vivants.

dimanche 5 décembre 2010

Dead Girl Watching

La mort. La grande faucheuse. Cette inconnue qui fascine ou qui effraie, parfois les deux à la fois. Comment faire son deuil quand on perd un être cher ? Y a-t-il autre chose après la mort ? Et que faire si les morts revenaient à la vie, même s’ils étaient pacifiques ? Autant de question qu’on a eu l’occasion de voir traiter tant au cinéma que dans la littérature un nombre incalculable de fois. A la manière d’un épisode des « Contes De La Crypte », le moyen métrage « Dead Girl Walking » est introduit par un personnage excentrique, en l’occurrence un mangaka qui déclare s’inspirer de ses péchés pour raconter ses histoires… Cette présentation bénéficie d’un montage énergique, à la limite du clip, mélangeant images réelles et planches de manga, pour un résultat réussi, inquiétant et déstabilisant, et permet d’annoncer l’adaptation d’un maga de Hino Hideshi (il y a en tout 6 épisodes).


Mais dès que l’épisode à proprement parler débute, les espérances sont revues à la baisse. L’image crasseuse de camescope trahit immédiatement le format v-cinéma, ces œuvres tournées pour le format vidéo, qui ont permis à des réalisateurs comme Takashi Miike de s’illustrer et de transcender des budgets inexistants en laissant libre cours à leur imagination. Mais si ce dernier a su exploiter ce format en expérimentant et en livrant des réalisations démentes d’énergie, « Dead Girl Walking » s’annonce immédiatement comme une œuvre à la réalisation paresseuse, constituée avant tout de plans d’ensembles fixes. La recherche esthétique n’est pas absente, puisque la mise en scène se veut plutôt graphique, les plans étant travaillés jusque dans la pose des acteurs, mais l’ensemble manque d’ambition de ce point de vue. L’alternance de la couleur et du noir et blanc vient un peu rehausser ce manque d’originalité, mais ce procédé avait été utilisé avec bien plus d’efficacité par Takashi Miike dans son terrifiant « Sun Scarred ». De plus, l’analogie entre l’emploi du noir et blanc et la mort est devenue galvaudée et peine à renouveler le genre. Les inserts de plans de texte blanc sur fond noir rappelle les films muets du début du XXème siècle, et permet de sonder la pensée de l’héroïne en quelques secondes. On notera également l’ajout d’éléments qui restent en couleur lorsque l’écran vire au noir et blanc, la fleur symbolisant le parcours de notre morte vivante.




A la manière du film français « Les Revenants », il ne s’agit pas ici de montrer un zombie anthropophage, mais plutôt d’observer les réactions d’une famille en deuil assistant à l’inexplicable résurrection de l’être aimé décédé. Si « Dead Girl Walking » possède des arguments, c’est avant tout du côté du scénario et de l’ambiance qu’il faut les chercher. Le traitement dépouillé permet justement de s’intéresser davantage à ce véritable chemin de croix. Les rares utilisations de musique viennent souligner l’isolement d’un personnage qui ne veut que continuer à « vivre » sa vie alors que son entourage la rejette avec agressivité. L’atmosphère est poisseuse et désespérante, même si le grand guignol assumé de certaines situations ajoute une petite touche d’humour décalé tout à fait bienvenue. La décomposition inévitable après un décès survient ici comme les symptômes d’une maladie, et la réaction de la famille est aussi excessive qu’effrayante. La perte de ses différents membres donne un aspect inéluctable à sa disparition prochaine, et sa fuite en avant ne semble qu’accélérer le processus.


La seule manifestation d’humanité est prodiguée par un homme à l’allure douteuse, qui finira par révéler son vrai visage lors d’une mise en scène très théâtrale, où l’utilisation de la lumière est très bonne. L’aspect décalé omniprésent, japonais dans l’âme, donne cette fois la sensation que le réalisateur ne sait pas trop quel ton donner à son histoire. La situation est dramatique, mais cela doit il nous empêcher d’en rire ? Et le rire ne risque-t-il pas de détruire la tension ? A cette hésitation de ton s’ajoute les scènes en couleurs, mièvre à en pleurer, mais cette opposition fonctionne beaucoup mieux, puisqu’elle confronte une image idyllique de la famille à une relation cauchemardesque une fois la mort et la résurrection survenues.





La fuite de l’héroïne est pathétique, et le spectateur finir par s’attacher à ce cadavre déambulant, à la démarche de plus en plus boiteuse. Le jeu des acteurs est sans surprise excessif, mais les personnages sont trop peu écrits pour permettre un jeu plus naturel. Ce parti-pris empêche malheureusement d’envisager la situation sérieusement, et balaie la tension dramatique. Il suffit de voir la jeune fille jeter son pied sur ses parents, tel ce journaliste Irakien attaquant Bush avec ses chaussures pour comprendre que le ton reste un peu trop à la farce. La résolution est par contre pleine de poésie, et remet en perspective le sens de notre existence, et notre place, le temps d’une scène très visuelle et très marquante, avant de revenir à une conclusion plus mièvre et plus en phase avec les scènes en couleurs.

 
« Dead Girl Walking » est un moyen métrage intéressant au rythme lent (trop lent), aux ruptures de ton qui empêchent de réellement s’impliquer, mais qui n’est pas dénué de bonnes idées.

mercredi 3 novembre 2010

The Walking Dead - avis sur l'épisode pilote

Un homme s’éveille dans un lit d’hôpital pour découvrir une ville à l’abandon, avant d’être confronté à des morts-vivants mangeurs de chair. Ce résumé rappelle le film de Danny Boyle « 28 jours plus tard ». En vérité, Robert Kirkman avait une idée bien précise du début qu’il voulait donner à sa bande dessinée « The Walking Dead » bien avant que le film anglais ne soit diffusé, c’est pourquoi il ne s’est pas laissé décourager par cette annonce. Le succès du comic est tel que le projet d’en réaliser une adaptation télévisée n’était pas surprenant. Les moyens semblaient importants, et la participation de Frank Darabont à la mise en scène était des arguments de taille. Révélé par son film « Les Evadés », adaptation d’une nouvelle de Stephen King (« The Shawshank Redemption »), l’artiste a démontré son aisance à dépeindre des personnages attachants et vrais, mais aussi à construire des ambiances. Son film « The Mist » est une étape de sa carrière, car le surnaturel y a une place prépondérante, et l’horreur y est vraiment marquante. Ce n’est pas tant la qualité des effets spéciaux que le traitement du drame humain qui donnait sa force à un final mémorable.



Darabont était donc le réalisateur tout indiqué pour adapter « The Walking Dead », œuvre horrifique au traitement intimiste. J’ai fait le choix de ne pas lire la bande dessinée avant de regarder la série, afin de ne pas m’arrêter aux qualités de l’adaptation, mais d’apprécier les épisodes pour l’ensemble de leurs qualités, avec un regard « innocent ». Dès les premiers plans, on constate que le réalisateur n’a pas fait de concessions au grand public. La mise en scène est faite à l’ancienne : succession de plans d’ensemble d’une durée de plusieurs dizaines de secondes et pas de caméra à l’épaule qui se secoue dans tous les sens. Les images sont belles et soignées, mais l’aspect classique de la réalisation n’est jamais synonyme de paresse ou d’austérité. Au contraire, le montage est dynamique, la caméra est presque toujours mobile, et l’ensemble est toujours lisible. Ces mouvements amples de la caméra favorisent largement l’immersion et donnent un côté vertigineux tout à fait bienvenu à certaines scènes. Le meilleur exemple de cette maîtrise réjouissante est un accident de voiture. Le véhicule effectue plusieurs tonneaux, que le spectateur a tout le loisir d’admirer sans avoir la sensation de regarder une vidéo de sécurité.


A une époque où la grande majorité des films et des séries d’horreur usent et abusent des montages clippesques, l’effrayante tranquillité de la réalisation de Darabont est tout simplement jouissive. A ce titre, l’introduction similaire à celle de « 28 jours plus tard » permet de comparer deux approches très différentes. Modernité contre classicisme et infectés contre zombies. Les deux parti-pris sont appréciables, mais au milieu de l’avalanche de films de morts-vivants et d’infectés rééalisés de la même manière, l’épisode pilote de « The Walking Dead » est une vraie bouffée d’air frais. C’est avec plaisir qu’on constate que la lenteur des « marcheurs » ne les rend pas moins dangereux. Leur démarche lente n’a d’égale que l’inéluctabilité morbide de leur avancée. Enfin, leur nombre constitue l’un des dangers majeurs, qui fait de leur vitesse réduite un détail.

Mais comme l’a prouvé le très mauvais « Zombie Nation », des maquillages au rabais suffisent à enlever toute crédibilité (ce n’était cependant que l’un des nombreux défauts du film). Par chance, tous les aspects de « The Walking Dead » bénéficient du même soin, et les corps en décomposition sont aussi réussis que convaincants. Qu’il s’agisse de cadavres putréfiés entourés de mouches ou des morts-vivants, tout est fait pour créer le malaise et rappeler que la mort n’est pas une source de plaisanterie. Sur le plan visuel, on appréciera également le clin d’œil à « Massacre à La Tronçonneuse » lorsque la caméra s’arrête sur la charogne d’un lapin au milieu de la route. Malgré la qualité des effets spéciaux, le traitement n’est pas racoleur. Ce n’est pas tant l’horreur en tant qu’éléments de divertissement qui est privilégiée, mais plutôt le drame humain de cette situation apocalyptique. L’action reste bien présente, mais le rythme est plus contemplatif que trépidant. Quelques têtes explosent, mais sur une heure d’épisode, il n’y a que deux courtes scènes d’action. La première est une fusillade entre forces de l’ordre et criminels. D’une brutalité et d’une violence sèche et réaliste, elle bénéficie d’un montage dynamique et lisible, qui rappelle le final d’anthologie de « Devil’s Rejects » de Rob Zombie. La seconde met en scène un de nos héros face à une véritable armée de morts-vivants. Pleine de tension et de suspense, elle est aussi intense que brève.

 


La qualité est constante tout au long de l’épisode, tout comme le refus de céder aux artifices faciles. A ce titre, l’ambiance sonore, très réussie, exploite les silences pesants avec beaucoup d’efficacité. La musique, peu présente, est de grande qualité et en adéquation avec l’atmosphère. Mais au-delà des aspects techniques et de la mise en scène, ce sont l’interprétation et l’écriture qui font de ce premier épisode un divertissement réussi. Non pas que le scénario soit d’une complexité ou d’une originalité hors du commun. Mais on est loin des clichés inhérents au genre, et les personnages bénéficient d’une véritable psychologie. Plutôt que de s’épancher dans de longues scènes caricaturales, ce sont de petites touches qui illustrent l’état d’esprit des personnages, les souvenirs déchirants, comme cette poignée de porte, qui tourne pathétiquement, ou une conversation un brin sexiste, qui débouche sur un véritable échange sur les problèmes d’un couple. Des problèmes que tout le monde pourrait rencontrer, et non pas des occupations que seuls les personnages d’un soap opéra pourrait avoir.


Ce pilote donne a mis la barre haut, et il n’y a plus qu’à espérer que l’ensemble du budget de la série n’a pas été réservé à ce premier épisode, mais si la qualité est toujours au rendez-vous, « The Walking Dead » devrait faire partie de ces quelques rares séries qui comptent.

lundi 5 avril 2010

Premutos - téléfilm de zombies allemand

Les premières images de « Premutos » provoquent inévitablement un effroi irrépressible chez le spectateur. Non pas que leur violence soit insupportable ou que le propos soit insoutenable, mais c’est plutôt le manque flagrant de maîtrise du cadre et du montage qui sont terrifiants. Un sentiment qui ne quittera jamais le spectateur, préparé à ce à quoi il va assister… il faut l’espérer en tout cas !

Aujourd’hui plus connu pour ses faits d’armes en tant que responsable des effets spéciaux pour son compatriote, le détesté Uwe « raging » Boll (une affirmation de moins en moins vrai, tant le réalisateur a réussi à surprendre avec le jusqu’au boutisme de ses derniers films), notamment sur des films comme « Tunnel Rats » ou « Seed », Olaf Ittenbach n’en est pas à sa premières réalisation quand il entame le tournage de « Premutos ». Ses producteurs n’ont malgré tout pas dû être très convaincus par ses travaux antérieurs, tant le budget semble dérisoire. A ce titre, pour un film de 1997 (même un téléfilm), l’ensemble bénéficie d’une photographie ignoble, qui ne met jamais en valeur des choix esthétiques généralement douteux.


Rapidement, le spectateur ne peut plus se voiler la face : il a affaire à un nanar. Un nanar si spectaculaire qu’il provoquera le rire même si on le regarde seul. L’histoire tourne autour du dit Premutos, ange déchu ayant précédé Lucifer, décidé à prendre le contrôle du monde, qu’il s’agisse de celui des vivants ou de celui des morts. La structure narrative est plutôt surprenante, enchaînant les bonds dans le temps, et présentant une quantité de scènes hallucinantes.

Il est rare de voir un paysan creuser un trou en costard cravate. L’homme en question, Rodolphe, qui a pour habitude de ressusciter les cadavres de ses voisins va rapidement s’attirer les foudres des autres paysans, également vêtus pour certains de costards cravates lorsqu’ils brandissent leurs fourches et leurs fusils. Alors qu’on s’attend à un lynchage en règle, certains hommes tirent tellement mal, que leurs balles les tuent par effet de ricochet. L’un d’eux se suicide d’une balle dans la tête après s’être fait dévorer les testicules par un zombie…

Ce premier bain de sang est déjà très prometteur en potentiel nanar. Et le réalisateur va réussir l’exploit de ne jamais abandonner ses partis pris risibles. C’est bien simple, la scène la plus anodine devient immanquablement hilarante. On se demande bien souvent ce que certains passages font là, comme ce rendez vous chez le dentiste qui n’apporte strictement rien. Le héros (un terme qui le définit plutôt mal…) est un benêt sans charisme, qui percute une voiture en vélo parce qu’il appelait une jeune femme repoussante qui semble lui plaire. Les flashbacks vont alors commencer… Christian, notre neuneu de service, revit plusieurs vies antérieures, durant lesquelles on l’a massacré, encore et encore.


Et là, on se rend compte qu’Olaf ne recule devant rien. 10 figurants vont mimer une chorégraphie digne d’un combat réglé par des enfants de cm2, pour représenter une guerre… leurs épées en cartons, soufflées sans pitié par le vent, ne manqueront pas d’arracher quelques fous rires. Les zombies se font encore rares, mais l’ennui ne pointe jamais son nez. On trouve constamment un détail nanar pour relever l’attention.

Passé cette première heure surprenante, les choses sérieuses vont commencer. Christian va voir des fils barbelés lui déchirer le visage, devenant Premutos, et nos amis les zombies vont enfin apparaître.

Et là, l’amateur de tripes à l’air va être servi. Les morts vivants allemands sont affamés, et leur repas sera très long, commençant par un apéritif court mais intense, durant lequel une jeune femme massacre à tour de bras les pauvres cadavres, avant que le climax de 20 minutes ne débute. Le budget dérisoire a donc été conservé dans sa quasi intégralité pour les effets gores de ce final hallucinant. Notre Christian étant devenu le méchant de l’histoire, c’est à son père, un redneck qui tue les mouches à coups de fusil de chasse dans sa maison, et à ses amis, de lutter contre l’invasion de morts vivants.


Se déroulant dans une cave, l’affrontement met nos héros face à une centaine d’agresseurs (joués par les mêmes 10 figurants qui ne cessent de revenir à la charge). Tronçonneuse, hache (d’ailleurs sur l’ensemble du film, les personnages ont du mal à comprendre que le dos de la lame d’une hache n’est pas très coupant), pistolets…. Et même un tank, sorti d’on ne sait où ! Tout y passe, et on comprend enfin pourquoi « Premutos » est comparé au « Braindead » de Peter Jackson, l’un des films de zombies les plus sanglants jamais vus (et même l’un des films les plus sanglants jamais vus).

Bien sûr, Olaf n’est pas Peter, mais l’ensemble est vraiment jouissif, et malgré sa longueur, ce climax ne paraît pas répétitif. « Premutos » est nanar pur jus, mal joué, mal écrit, mal réalisé, bourré d’incohérences et d’éléments stupides, mais jamais ennuyants, et ne manquant pas à sa promesse d’offrir un festin aux amateurs de zombies ! N'oublions pas un faux happy end jouissif, et la boucle est bouclée!