dimanche 14 mars 2010

Die You Zombie Bastards

En 2005, Caleb Emerson, qui s'est illustré dans des productions Troma (il joue Carl Jr dans le cultissime "Poultrygeist, night of the chicken dead"), petit studio indépendant totalement fou, présidé par Lloyd Kauffman, et privilégiant l'exploitation à tout prix, se lance dans la réalisation de son deuxième film, "Die You Zombie Bastards".

Dès les premières images, on sait à quoi s'attendre: un film barré au possible, au budget dérisoire, et qui joue de son manque de moyens par son 36ème degré marqué. Tourné en campagne, utilisant des maquettes pour représenter ses décors, tout fleure bon la série Z, la vraie, celle qui pique les yeux. On se demande alors comment un tel concept va tenir sur 1h39 (les séries Z les plus longues n'étant pas les meilleures).



L'histoire a-t-elle un potentiel suffisant? Le baron nefarious et son ZOMBOTRON destiné à faire de la race humaine une armée de zombies auront-ils suffisamment d'atouts pour retenir notre attention? En vérité, l'un des atouts majeurs du film réside dans le couple principal. Notre protagoniste (le terme de héros ne le définissant pas très bien), Red, est un serial killer cannibale, qui partage les morceaux de ses victimes lors de picnics avec son épouse. Lors d'un passage dans une émission tv, cette dernière va attirer l'attention du baron nefarious qui va envoyer ses zombies la kidnapper. Red va devoir enfiler son costume de super héros, dont la cape est faite de peau humaine, pour sauver celle qu'il aime, et l'humanité toute entière.

Il est important de savoir qu'en plus d'être un cannibale, Red est une sorte de redneck à moitié attardé (comme tous les rednecks finalement), joué comme un enfant de 4 ans sous acide dans un corps d'adulte. Bien sûr, le film est à voir en VO pour profiter des intonations si particulières des acteurs. "Die You sombie bastards" ressemble à une compétition du personnage le plus stupide, et au comportement le plus incohérent. Les bavardages prennent le pas sur l'action, et le rythme n'est pas trépidant.

Les affrontements privilégient l'humour, la chorégraphie est très mauvaise, les poings s'arrêtent 20 cm avant d'atteindre les acteurs, on est vraiment dans le grand guignol, à l'image du film. Cet aspect tout à fait assumé est plutôt réjouissant, mais on n'évite pas les longueurs, et le délire reste globalement un peu trop au ras des paquerettes pour convaincre.



On s'étonnera du manque d'hémoglobine, les productions troma ayant tendance à ne pas être avares en liquide rouge. De ce point de vue, on s'amusera de constater que ce sont nos deux cannibales qui répandront le plus de sang, alors que les zombies ne se montreront jamais vraiment menaçants.

La quête de Red sera sans grand sens, mais la patience du spectateur est récompénsée dans un final haut en couleur bien plus amusant que ce à quoi on a assisté jusque-là. Le super héros affrontera les zombies du baron, avant que des ninjas et des robots ne s'en mêlent. N'oublions pas le cultissime "fantastico boy", sorte de Robin tourné en ridicule. Toujours pas de véritable combat, mais un grand n'importe quoi énergique et amusant, qui permet de finir sur une note plutôt positive. La conclusion qui explique le destin des personnages est aussi folle que le reste.

Malgré quelques longueurs et un humour qui tombe souvent à plat, "Die You Zombie Bastards" possède quelques atouts, comme ses protagonistes tous plus fous les uns que les autres et un final au LSD. Bien sûr, il y a bien mieux à découvrir pour commencer son éducation au film de Zombies, mais les fans qui mangent du mort vivant au goûter trouveront un intérêt.

2 commentaires:

  1. c'est la grande mode du LSD...
    je me demande quand même comment c'et possible de se faire un costume de super héros en peau humaine... beurk j'ai envie de vomir!

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