mardi 13 avril 2010

Sens réel de la chanson Zombies des Cranberries

Les cranberries est un groupe de rock irlandais, que l'on entendait surtout dans les années 90, et qui s'est reformé récemment pour une tournée. Si le groupe est si connu, c'est en particulier grâce à sa chanteuse, Dolores O'riordan et à son timbre si particulier.

Le titre phare du groupe nous intéresse particulièrement, et justifie cet article. Outre son titre, c'est tout le texte qui est en lien avec notre problématique des morts vivants. Chanson récompensée de multiples prix, en voici les paroles. Nombre de fans y ont vu un brulôt contestataire évoquant le conflit nord irlandais, mais nous verrons que le propos réel est tout autre.





Another head hangs lowly,
Child is slowly taken.
And the violence caused such silence,
Who are we mistaken ?
But you see, it's not me, it's not my family.
In your head, in your head they are fighting,
With their tanks and their bombs,
And their bombs and their guns.
In your head, in your head, they are crying...
In your head, in your head,
Zombie, zombie, zombie,
Hey, hey, hey. What's in your head,
In your head,
Zombie, zombie, zombie
Hey, hey, hey, hey, oh, dou, dou, dou, dou, dou ect...

Another mother's breakin',
Heart is taking over.
When the violence causes silence,
We must be mistaken.

It's the same old theme since nineteen-sixteen.

In your head, in your head they're still fighting,

With their tanks and their bombs,
And their bombs and their guns.
In your head, in your head, they are dying...


In your head, in your head,

Zombie, zombie, zombie,
Hey, hey, hey.
What's in your head,
In your head,
Zombie, zombie, zombie
Hey, hey, hey, hey, oh, oh, oh,
Oh, oh, oh, oh, hey, oh, ya, ya-a..



A présent, voici la traduction littérale du texte, la vraie, pas celle que vous trouverez partout ailleurs sur le net.




Un bout de chair, flotte lent'ment au vent,
délicieusement succulent,
L'enfer est plein depuis longtemps
C'est la dèche carrément,

Mais tu vois, ce ptit doigt, pas à moi,

pas à toi, autrefois, autrefois, c'était son doigt,
ce manchôt, tout pataud, pas finaud, gros nigaud,
sans chicot, plein d'sanglots, c'est bien ballot


Mange les tous, Mange les tou ou ou ous!

Zombie, Zombie, Zombie
ou, ou, mange les tous,
Tou ou ou ous
zombie, zombie, zombie
ou ou ou ous ous ous ou ous ou ous,

Un autre joli plat de tripes

s'offre à présent sous tes yeux,
Et qu'est-ce tu fous en slip,
espèce de petit paresseux,

ils sont là, ces mecs-là, tes repas, mange moi ça,

ils sont tendres, et croquants, sous tes belles dents,
avale tout, même le sang,
même le sang, c'est tripant,
Dans le sang, dans le sang, c'est trop flippant!

Mange les tous, Mange les tou ou ou ous!

Zombie, Zombie, Zombie
ou, ou, mange les tous,Tou ou ou ous
zombie, zombie, zombie
ou ou ou ous ous ous ou ous ou ous.

A présent que vous connaissez le sens véritable de cet ôde aux morts vivants, j'espère que vous prèterez une oreille nouvelle à cette chanson lorsque vous l'entendre.

mercredi 7 avril 2010

flic ou zombie

Quiconque a vu « Hair » de Milos Forman ne peut nier que l’acteur interprétant George Berger, Treat William, n’a jamais connu la carrière qu’il méritait. Habitué des téléfilms à bas budget ou des films catastrophes moyens (« un cri dans l’océan »), il manifeste toujours un grand charisme et parvient à nous faire passer outre des productions de qualité parfois médiocre.


Sans être mauvais, « Flic ou Zombie », (ou « dead heat » en vo) est une petite série B typique des années 80, avec musique au synthétiseur à l’appui. En outre, il s’agit plus d’un buddy movie, genre à la mode, que d’un film d’horreur. L’ensemble ne se prend d’ailleurs pas très au sérieux, et même s’il y a un peu d’hémoglobine, c’est dû aux impacts de balles, et non aux morsures des zombies.

Notre duo dynamique est donc composé d’un jeune premier tête brulée mais sérieux (treat william), s’habillant en costume cravate, et d’un sosie de Jean Claude Van Damme tout en musculature et en finesse (les autres personnages le traitent d’ailleurs d’arriérés). C’est à la suite d’un braquage de banque où ils ont dû utiliser 50 chargeurs sur deux truands que nos héros vont enquêter sur une firme louche, qui mène des expériences pas très catholiques. Et là, le film vire au drame, avec notre héros qui décède 15 minutes après le début de l’histoire. Par chance, il subira le même traitement que nos pilleurs de banque et sera donc ressuscité.

Un procédé qui n’est pas si rose bonbon qu’il y paraît, puisque les tissus de nos non morts ont la fâcheuse manie de se détériorer en quelques heures, donnant aux cobayes décharnés une apparence de zombie tout à fait sympathique, à défaut d’être convaincante. Les maquillages sont plus amusants que vraiment crédibles, mais au moins ils font sourire !


Avec un tel scénario, l’action prend rapidement le pas sur l’intrigue, les blagues fusent, et le rythme ne faiblit que très peu, alternant scènes de fusillades qui pourraient être classiques (si nos fameux zombies n’encaissaient pas si bien les balles, ce qui donne un côté tout à fait cocasse aux échanges de coups de feu), et les passages plus originaux, comme l’attaque des carcasses d’animaux zombies dans un restaurant chinois.

Techniquement, on est face à un pur produit des années 80, visuellement très connoté, à la photographie inexistante, mais la réalisation et le montage sont très efficaces et apportent un vrai dynamisme à la narration. Il faut dire que le réalisateur n’est pas un amateur… enfin pas tout à fait. Mark Goldblatt, est avant tout monteur, notamment pour James Cameron et ses Terminators, ou encore Paul Verhoeven (il fut d’ailleurs réalisateur de la seconde équipe pour « Robocop »). « Flic ou Zombie » est son premier et avant dernier essai derrière la caméra, puisqu’il réalisera par la suite « the punisher » avec Dolph Lundgren, une adaptation malsaine du comics, bien plus réussie que celle mettant en vedette Thomas Jane, et plus rythmée que « Punisher War Zone ».


Les acteurs quant à eux s’en donnent à cœur joie dans des rôles stéréotypés au possible, mais leur charisme s’impose facilement. En terme de zombies, on peut être un peu déçu. Ils ne sont pas envoûtés comme les premiers morts vivants vaudous, ils manifestent une conscience totale de leur état, et leurs facultés sont amplifiées, puisqu’ils sont quasiment invulnérables. « Flic ou Zombie » n’est donc pas un authentique film de zombies, et reste d’ailleurs axé grand public, mais son postulat de départ et l’énergie qui s’en dégage en font une série B bien bis, qui permet de passer une bonne petite soirée.

lundi 5 avril 2010

Premutos - téléfilm de zombies allemand

Les premières images de « Premutos » provoquent inévitablement un effroi irrépressible chez le spectateur. Non pas que leur violence soit insupportable ou que le propos soit insoutenable, mais c’est plutôt le manque flagrant de maîtrise du cadre et du montage qui sont terrifiants. Un sentiment qui ne quittera jamais le spectateur, préparé à ce à quoi il va assister… il faut l’espérer en tout cas !

Aujourd’hui plus connu pour ses faits d’armes en tant que responsable des effets spéciaux pour son compatriote, le détesté Uwe « raging » Boll (une affirmation de moins en moins vrai, tant le réalisateur a réussi à surprendre avec le jusqu’au boutisme de ses derniers films), notamment sur des films comme « Tunnel Rats » ou « Seed », Olaf Ittenbach n’en est pas à sa premières réalisation quand il entame le tournage de « Premutos ». Ses producteurs n’ont malgré tout pas dû être très convaincus par ses travaux antérieurs, tant le budget semble dérisoire. A ce titre, pour un film de 1997 (même un téléfilm), l’ensemble bénéficie d’une photographie ignoble, qui ne met jamais en valeur des choix esthétiques généralement douteux.


Rapidement, le spectateur ne peut plus se voiler la face : il a affaire à un nanar. Un nanar si spectaculaire qu’il provoquera le rire même si on le regarde seul. L’histoire tourne autour du dit Premutos, ange déchu ayant précédé Lucifer, décidé à prendre le contrôle du monde, qu’il s’agisse de celui des vivants ou de celui des morts. La structure narrative est plutôt surprenante, enchaînant les bonds dans le temps, et présentant une quantité de scènes hallucinantes.

Il est rare de voir un paysan creuser un trou en costard cravate. L’homme en question, Rodolphe, qui a pour habitude de ressusciter les cadavres de ses voisins va rapidement s’attirer les foudres des autres paysans, également vêtus pour certains de costards cravates lorsqu’ils brandissent leurs fourches et leurs fusils. Alors qu’on s’attend à un lynchage en règle, certains hommes tirent tellement mal, que leurs balles les tuent par effet de ricochet. L’un d’eux se suicide d’une balle dans la tête après s’être fait dévorer les testicules par un zombie…

Ce premier bain de sang est déjà très prometteur en potentiel nanar. Et le réalisateur va réussir l’exploit de ne jamais abandonner ses partis pris risibles. C’est bien simple, la scène la plus anodine devient immanquablement hilarante. On se demande bien souvent ce que certains passages font là, comme ce rendez vous chez le dentiste qui n’apporte strictement rien. Le héros (un terme qui le définit plutôt mal…) est un benêt sans charisme, qui percute une voiture en vélo parce qu’il appelait une jeune femme repoussante qui semble lui plaire. Les flashbacks vont alors commencer… Christian, notre neuneu de service, revit plusieurs vies antérieures, durant lesquelles on l’a massacré, encore et encore.


Et là, on se rend compte qu’Olaf ne recule devant rien. 10 figurants vont mimer une chorégraphie digne d’un combat réglé par des enfants de cm2, pour représenter une guerre… leurs épées en cartons, soufflées sans pitié par le vent, ne manqueront pas d’arracher quelques fous rires. Les zombies se font encore rares, mais l’ennui ne pointe jamais son nez. On trouve constamment un détail nanar pour relever l’attention.

Passé cette première heure surprenante, les choses sérieuses vont commencer. Christian va voir des fils barbelés lui déchirer le visage, devenant Premutos, et nos amis les zombies vont enfin apparaître.

Et là, l’amateur de tripes à l’air va être servi. Les morts vivants allemands sont affamés, et leur repas sera très long, commençant par un apéritif court mais intense, durant lequel une jeune femme massacre à tour de bras les pauvres cadavres, avant que le climax de 20 minutes ne débute. Le budget dérisoire a donc été conservé dans sa quasi intégralité pour les effets gores de ce final hallucinant. Notre Christian étant devenu le méchant de l’histoire, c’est à son père, un redneck qui tue les mouches à coups de fusil de chasse dans sa maison, et à ses amis, de lutter contre l’invasion de morts vivants.


Se déroulant dans une cave, l’affrontement met nos héros face à une centaine d’agresseurs (joués par les mêmes 10 figurants qui ne cessent de revenir à la charge). Tronçonneuse, hache (d’ailleurs sur l’ensemble du film, les personnages ont du mal à comprendre que le dos de la lame d’une hache n’est pas très coupant), pistolets…. Et même un tank, sorti d’on ne sait où ! Tout y passe, et on comprend enfin pourquoi « Premutos » est comparé au « Braindead » de Peter Jackson, l’un des films de zombies les plus sanglants jamais vus (et même l’un des films les plus sanglants jamais vus).

Bien sûr, Olaf n’est pas Peter, mais l’ensemble est vraiment jouissif, et malgré sa longueur, ce climax ne paraît pas répétitif. « Premutos » est nanar pur jus, mal joué, mal écrit, mal réalisé, bourré d’incohérences et d’éléments stupides, mais jamais ennuyants, et ne manquant pas à sa promesse d’offrir un festin aux amateurs de zombies ! N'oublions pas un faux happy end jouissif, et la boucle est bouclée!

mercredi 24 mars 2010

Dead Rising - le centre commercial aux zombies

Voilà un jeu qui aura fait acheter une Xbox360 à beaucoup de monde. Exclusif à la console de Microsoft (même si un portage peu convaincant est sorti sur la Wii de nintendo 3 ans plus tard), « Dead Rising » est un jeu que tout fan de zombies se doit d’avoir. Le deuxième épisode, annoncé pour le 3 septembre 2010, sortira sur pc et playstation 3, personne n’aura donc plus d’excuse pour ne pas se jeter dessus.

Loin d’être un survival horror auquel il faut absolument jouer dans le noir, « Dead Rising » est un beat’em’all dans lequel le héros affronte des centaines et des centaines de morts vivants. Se déroulant entièrement dans un mall, ces centres commerciaux américains totalement démesurés, le jeu doit certainement beaucoup au « Dawn of The Dead » de Romero (qu'un chroniqueur français de ce jeu traite de "navet" et de "série Z", des termes qui ont dû faire rire toute personne ayant vu le film en question), dont l’essentiel de l’histoire se déroulait dans un de ces supermarchés. Mais là où le film mettait en exergue l’individualisme de l’être humain et son incapacité à s’entendre avec son prochain, « Dead Rising » est un pur divertissement de série B.


Frank West, journaliste, se rend dans la ville de Willamette pour couvrir un reportage. Les gens se comportent violemment, on pense d’abord à une émeute. Se faisant déposer sur le toit du mall, il demande au pilote de l’hélicoptère qui l’a amené de venir le chercher dans trois jours. Un détail qui n’est pas anodin, puisque le jeu est soumis à un simili temps réel. La partie ne dure pas réellement 72 heures, mais les événements de l’intrigue doivent être joués à un rythme particulier. Si le héros ne parvient pas à remplir une mission avant une heure précise, il n’a plus la possibilité de suivre l’intrigue et est condamné à errer dans le centre commercial comme une âme en peine. Suivre l’intrigue permet de débloquer un quatrième jour qui conduit à la vraie fin du jeu.

Il y a en effet plusieurs façons de terminer le récit, en fonction de nos choix, du nombre de personnes sauvées… les possibilités ne manquent pas, et « Dead Rising » combine presque plusieurs jeux en un. Outre l’intrigue principal, on peut se contenter de massacrer les zombies, et il y a de quoi faire. Chaque écran comporte des centaines de créatures, sans qu’on constate aucun ralentissement. Tout ou presque peut être utilisé comme arme : banc, rouge à lèvre géant, poêle à frire, katana, pommeau de douche, mannequin, boomerang, tondeuse à gazon (qui n’a jamais rêvé de faire comme dans Braindead ?)… le lieu où se déroule l’action est réellement mis en valeur par cette profusion d’armes. Le genre du bac à sable a trouvé un fier représentant.


Composé de quatre grandes zones, d’un jardin central et d’un sous sol tortueux, le centre commercial s’explore avec plaisir et multiplie les interactions. Mais si les zombies, lents mais en surnombre, sont dangereux, les humains le sont encore plus, comme chez Romero. On croisera en effet des psychopathes, visiteurs du mall ayant perdu la tête face à l’explosion de violence créée par les zombies. Chacun a son histoire, sa personnalité, son arme, et chaque rencontre est d’un grand guignol aussi assumé qu’efficace. Ces affrontements ne sont pas toujours faciles, et sont même un peu frustrants en début de jeu.

En effet, il ne faut pas attaquer « Dead Rising » en espérant s’amuser immédiatement. Frank West a deux mains gauches lorsqu’il se lance dans l’aventure, et il faudra patiemment augmenter son niveau d’expérience pour apprendre de nouvelles techniques de combat et voir sa barre d’énergie augmenter. Cet apprentissage permet de se familiariser avec les lieux et les personnages pour ensuite aborder le jeu plus sereinement et profiter pleinement de son côté fun. Le taux de rejouabilité est d’ailleurs énorme, ne serait-ce que pour connaître les différentes fins ou pour obtenir les succès proposés.


Bien plus construit qu’il le laissait présager, drôle, violent, inventif, « Dead Rising » est un jeu qui en donnera largement pour leur argent à ses détenteurs.

lundi 22 mars 2010

Alone In the dark - inferno

Si c’est au cinéma qu’on compte certainement le plus d’œuvres mettant en scène des zombies, le jeu vidéo n’est pas en reste, avec en tête la saga de Capcom, « Resident Evil ». Mais si Chris Redfield et Jill Valentine ont rendu le shoot de morts vivants populaire, le genre du survival horror a été popularisé par le détective Edward Carnby, détective spécialisé dans les cas occultes, et créé par le français Frederic Raynal (à qui l’on doit notamment « Little Big Adventure »).

« Alone In The Dark » est une trilogie se déroulant au début du 20 ème siècle. Les années 2000 ont vu le mythe être dépoussiéré avec l’opus « A New Nightmare », dans lequel Edward Carnby évoluait de nos jours dans un manoir infesté de zombies. Le jeu bénéficiait d’un travail sur la lumière mis en valeur avec l’utilisation de lampes torches pour repousser certains ennemis, mais, tout en restant prenant, n’était qu’un ersatz de « Resident Evil ».


L’arrivée de la saga sur les consoles nouvelle génération (même si une version différente de cet épisode est également sorti sur playstation 2) va donner lieu à une aventure très différente. Editée par Atari, cette nouvelle aventure du détective se déroule également de nos jours. Et si elle s’inscrit comme une véritable suite de la trilogie d’origine (par une astuce scénaristique que je ne dévoilerai pas), elle fait l’impasse sur le précédent épisode, comme s’il n’avait jamais existé. Même s’il ne s’agit pas tout à fait d’un jeu de zombies, il mérite sa place ici comme vous allez le voir.

L’un des aspects originaux du jeu est son traitement épisodique, sous forme de série tv. Découpé en plusieurs épisodes, eux-mêmes composé de plusieurs chapitres, l’histoire peut être jouée selon le choix du joueur. Seul le dernier épisode ne peut être immédiatement lancé. Ce choix reflète la volonté de s’adapter à un nouveau public, qu’une difficulté trop élevée à tendance à rebuter. Ainsi le joueur agacé peut sauter un chapitre au lieu de persévérer jusqu’à réussir.

Au-delà de cette tricherie consentie par les développeurs, cette construction assure un vrai rythme à la narration, fluide et intense. Chaque reprise de jeu conduit à un rappel des événements, sorte de bande annonce des scènes cinématiques précédentes, afin de ne pas perdre le fil de l’intrigue. Cet ajout plaisant fera également partie de la recette « Alan Wake » dernier jeu en date de l’équipe Remedy (à qui on doit les 2 premiers « Max Payne ») qui sortira le 21 Mai.

De même, il y a une réelle volonté de livrer une aventure complète, en variant les phases de jeu, passant du Beat’em’all au shoot à la première personne en passant par la plate forme, avec des phases d’escalade le long de parois vertigineuses, ou de conduites dans un New York sous le coup d’un tremblement de terre. La variété est au rendez vous, et l’ennui semble absent, d’autant que l’histoire se suit avec intérêt et qu’on a très envie de résoudre les mystères.


Malheureusement, la jouabilité très rigide a rebuté plus d’un joueur et provoqué l’ire de la critique. Utiliser le stick directionnel droit pour contrôler les coups du personnage est un parti pris intéressant, mais risque de ne contrôler ses déplacements qu’avec le stick gauche créé la désagréable sensation de contrôler un tracteur. Bien sûr, on s’habitue à ce personnage balourd, mais la comparaison avec d’autres titres ne plaide pas en la faveur du jeu.

Autre défaut, alors que le récit était fluide, et le rythme trépidant, le dernier épisode impose une visite approfondie d’un Central Park en ruines. Si ce passage est plutôt sympathique dans un premier temps, il casse totalement la narration et nuit à l’intérêt. Alors qu’il était jusque-là difficile de lâcher la manette, il devient moins agréable de la prendre en main pour terminer ce chapitre.

C’est bien dommage, car la conclusion sans concession est à la hauteur. Abrupte et sèche, elle laisse un goût amer aussi voulu que bienvenu, même si beaucoup de joueurs ont été déçus de ne pas voir leur happy end arriver.

Basé sur une histoire simple, le scénario est ponctué de coups de théâtre réussis. La dramatisation est convaincante, et le récit est plus complexe qu’on pourrait le croire. Mais la grande qualité de cet épisode est de nous permettre de nous attacher aux personnages. On se sent investi et on a envie de conduire ce héros à la victoire.


Le choix de l’adversaire ultime donne un côté des plus épiques à l’aventure. Les ennemis ne sont pas tout à fait des zombies au sens où on l’entend aujourd’hui, puisqu’il s’agit d’être humains possédés par le diable. A ce titre, tout comme pour les films « Démons » et « Démons 2 », on peut s’interroger sur leur nature de démons, ou de zombies. Si l’on remonte aux origines du terme zombie, qui remonte au film « White Zombie », tourné en 1931 et mettant en vedette Bela Lugosi, le zombie est un être possédé par la magie vaudou. Il n’est pas forcément mort. C’est avec le film « night of the living dead », tourné en 1968 par George A Romero que le zombie deviendra officiellement un mort vivant, sans qu’on connaisse nécessairement la cause de son état. Mais le mélange d’emprise démoniaque et de zombies a déjà été vu à plusieurs reprises, comme dans « City Of The Living Dead » de Lucio Fulci, et plus récemment dans « Rec 2 ».

En somme, les adversaires de ce « Alone In The Dark » sont morts et possédés, ce qui fait d’eux des morts vivants. On peut donc estimer qu’Edward Carnby affronte des zombies. Les combats sont d’ailleurs plutôt intéressants, même s’ils peuvent s’avérer fastidieux voire frustrants. Le héros peut prendre en main la plupart des objets, chaise, extincteur, épée, plot…. Le joueur n’a alors plus qu’à déplacer le stick directionnel droit pour diriger le mouvement de son arme. Cette jouabilité avait déjà été exploitée sur l’ancienne génération de console par le jeu « Le parrain », et même si elle n’est pas toujours précise, elle reste bien trouvée. Mais donner des coups à nos zombies démoniaques ne suffit pas à se débarrasser d’eux, et seule l’élimination par le feu en viendra à bout.


Il faut donc se munir d’un bâton enflammé, d’un briquet associé à un spray, ou même jeter les corps dans un brasier pour s’assurer de ne plus être harcelé. Cette idée est intéressante, et amusante même lorsqu’on est face à un ou deux adversaires. Mais lorsqu’ils sont plus nombreux, la tâche devient bien plus difficile. Cet aspect peut rapidement devenir agaçant, même si concrètement il ajoute une angoisse tout à fait de rigueur dans un tel jeu.

En fin de compte, « Alone In The Dark » est plus un grand jeu d’aventure épique à tendance horrifique qu’un véritable survival horror. Souffrant de quelques tares, il n’en reste pas moins original, intense et bien construit.

jeudi 18 mars 2010

Watchmen le film


Pour critiquer "watchmen", plusieurs données sont à prendre en compte : les qualités du film en lui-même, celles du matériel d'origine, et les conditions d'adaptation de l'œuvre

Alan Moore est un des auteurs les plus réputés de l'univers du comics, et pas seulement pour son talent, mais aussi ses différends avec les studios de production qui ont acheté les droits pour adapter ses créations. On se souvient des conflits violents lors de la sortie de "from hell" ou de "la ligue des gentlemen extraordinaires", suite auxquels il a déclaré avoir été traité par les tribunaux "avec moins d'égards qu'un pédophile qui aurait violé un car entier d'écoliers".

De fait, "Watchmen" a toujours été réputé comme son œuvre la plus inadaptable. Il est vrai que le roman graphique est d'une densité incroyable, mélangeant intrigues, sous intrigues, métaphores au travers d'un récit de pirates lu par un personnage secondaire.... La richesse de l'œuvre est telle que des réalisateurs comme terry gilliam, longtemps envisagé pour se lancer, ont jugé que seule une mini-série pouvait rendre hommage à l'œuvre de Moore.

Dès la première scène, un constat confirme l'impression laissée par les extraits diffusés sur le net: vendu comme un blockbuster, un film de super héros lambda, "watchmen" reste à l'image du RG un film sans concessions. Si les scènes d'actions, aussi peu nombreuses que dans la bd, sont rallongées et un peu plus chorégraphiées, elles sont surtout d'une violence incroyable. Le premier affrontement est à ce titre d'une brutalité incroyable, renforcée par des bruitages explosifs et efficaces, et des gerbes de sang bien loin de ce qu'on a pu voir dans "300". A tel point qu'on imagine mal comment le film a pu échapper à une interdiction. Chaque scène de violence est montrée de la façon la plus crue possible.

Ce parti-pris est tout à fait dans l'esprit de l'œuvre originale, minimaliste dans sa présentation des scènes d'action, mais don une grande fureur se dégageait. A mi chemin entre les chorégraphies hong kongaises, avec beaucoup de parades et une chorégraphie élaborée, et un style combat de rue vraiment sauvage, à base de coups de poings en plein visage et de destruction de membres, ils constituent une excellente surprise. On constate une évolution incroyable dans la mise en scène de Snyder. Fini les incessants ralentis et les gros plans pour rajouter de l'impact. Ici, presque chaque plan est un plan large, peu de ralentis, et un montage aussi précis qu'efficace. Difficile d'imaginer mieux à ce niveau, surtout avec des bruitages si perturbants.



Le travail sur le son ne s'illustre pas que dans les bruitages. La bande son de Tyler Bates accompagne l'ensemble discrètement, mais de bien belles façons. Mais surtout, le choix de plusieurs chansons cultes des années 70, comme le "all along the watchtower" version Jimi Hendrix, est aussi efficace que dans l’esprit de l'œuvre de Moore, qui commençait son récit en citant Bob Dylan. Une chanson qu'on a le plaisir de retrouver dans l'excellent générique. Un travail admirable a été fait dans cette séquence, absente de la bd qui retrace de façon efficace et avec beaucoup de style l'ambiance "minute men".

L'ambiance est d'ailleurs un des gros points forts. Sans verser dans l'adaptation bête et méchante, sans faire de la bd un simple storyboard, le film restitue parfaitement ce qu'on ressent à la première lecture. La trame principale est reconstituée avec bonheur, plusieurs détails importants sont conservés... car ce qui fait la richesse de l'œuvre de Moore, ce son tous ces eptits détails qui rendent l'ensemble si crédible et si humain. La caractérisation des personnages, excellente, reste l'un des points forts du film. Une qualité qui doit également beaucoup aux acteurs. Physiquement très proches de leurs personnages, ils excellent tous à leur donner vie par un jeu vrai et vivant. On retiendra en particulier Jackie Earl Haley, que je ne connaissais, mais qui ne se contente pas de jouer. Il est Rorschach, tant physiquement que dans son attitude. Patrick wilson est également mémorable dans le rôle du hibou.



Le film prend donc le temps de s'appesantir sur ses personnages, comme le roman graphique, ce qui apporte une profondeur qui donne beaucoup plus d'impact à leurs tribulations. On regrettera que Snyder ait été obligé de supprimer le destin d'hollis mason (présent dans la bande annonce japonaise). La scène retraçant les origines de ROrschach est par contre d'une puissance émotionnelle inouïe, laissant une crampe d'estomac aussi violente que celle ressentie dans la bd. Incontestablement l'une des meilleures scènes du film.

Une polémique qui a frappé le film avant même sa sortie concerne les changements dans le scénario. On pourra pester contre la révélation des origines du spectre, mais cela n'est qu'un détail, qui reste totalement cohérent et dans l'esprit de l'histoire d'origine. Qu'en est-il alors du GRAND changement dans la révélation finale? Et bien finalement, cela ne change pas grand chose non plus, puisque l'idée et la démarche restent identiques. Les scénaristes ont respecté l'esprit de l'œuvre, ont compris ce qui la rendait si unique, et l'ont adapté avec intelligence.



"Watchmen" le film est donc une excellente adaptation, qui fait honneur au matériel d'origine. Pourtant l'impact n'est pas aussi puissant. La violence omniprésente dans le film, est aseptisée dans LA scène qui doit marquer, qui doit nous faire comprendre que la résolution est d'une barbarie inimaginable. Or on ne le ressent pas ici. "Watchmen" n'est en tout cas pas un blockbuster de plus, mais un film excellent, qui tente sincèrement d'adapter le plus fidèlement possible le travail de Moore, en qui en l'état, atteint son objectif brillamment.

lundi 15 mars 2010

Poultrygeist : night of the chicken dead

Avant de chroniquer de film, une presentation s’impose. La société Troma a été crée dans les années 70 par Lloyd Kauffman et son ami Michael Herz. Comme l’annonce fièrement le logo de la firme présent avant le générique de chaque films 30 ans de troma, c’est assez spectaculaire, surtout pour une petite boite indépendante qui refuse tout compromis.


La recette est simple : de l’humour (graveleux de préférence) du gore, et souvent du sexe grand guignol. Certaines œuvres de la firme possède un statut de film culte, comme « Toxic Avenger », dont le héros, toxie, un neuneu transformé en créature surhumaine par des déchets toxiques, est un peu la mascotte de la firme. Profondément satiriques, les meilleurs films de Troma portent un regard incisif (et souvent peu subtil) sur la société américaine.

Tourné avec des acteurs qui bien souvent ne sont même pas payés, les œuvres Tromaiennes ne prétendent pas concourir aux oscars, mais juste à divertir à tout prix. C’est le marché du dvd qui a permis au studio de survivre aux années 90, l’import en particulier, puisque les européens en sont fans.


Rentrons maintenant dans le vif du sujet. « Poultrygeist », dont le jeu de mot n’aura échappé à personne, est réalisé par Lloyd Kauffman en personne, qui écrit également le scénario et s’octroie un rôle relativement important, dans lequel il se montre hilarant. L’histoire tourne autour du jeune Arbie, lycéen relativement stupide, qui tente de reconquérir le cœur de sa petite amie devenue lesbienne en se faisant embaucher dans le nouveau fast food contre lequel elle manifeste. Mais l’établissement a été construit sur un ancien cimetière indien, et les esprits mécontents vont se manifester sous la forme de zombies poulets…

Un scénario qui reprend les clichés du genre en les poussant à leur paroxysme. Rarement le terme de grand guignol aura aussi bien défini un film. Tout est mis en œuvre pour provoquer le rire. Les effets spéciaux en plastiques sont hilarants, les scènes gores sont réussies, les dialogues plutôt bien écrits pour une telle production, et le jeu outré des acteurs est tout simplement incroyable. Souvent, le côté amateur peut repousser, mais « Poultrygeist » est fait avec tant d’énergie et de conviction que la bonne humeur est communicative.



L’une des grandes surprises du film, et certainement l’une de ses plus grandes qualités, est son format de comédie musicale. Les chorégraphies un peu pataudes, les voix qui ne sonnent pas justes, tout ces éléments apportent un aspect sympathique indéniable. Les mélodies sont entraînantes, les paroles politiquement incorrectes, irrévérencieuses, et franchement bien trouvées.

Bien sûr, l’humour ne vole pas bien haut, la finesse n’est pas au rendez vous, et quelques passages ont de quoi dégoûter, mais l’ensemble transpire la sincérité, et le rythme ne faiblit jamais. A tel point que la première heure, durant laquelle on ne voit aucun zombie poulet, ne provoque jamais l’ennui, ce qui est rare dans ce genre de petite production.

Les personnages complètement fous sont parfaitement interprétés par des acteurs qui ont une pêche d’enfer, à commencer par Arbie, binoclard inoubliable, campé par un Jason Yachanin très prometteur, et dans sa version future, par un Lloyd Kauffman désopilant. Le duo de danse des deux acteurs justifie à lui seul de voir le film, et résumé parfaitement l’esprit de l’œuvre, critiquant férocement les fast foods et leur politique d’exploitation des travailleurs, mais aussi les rêves naïfs d’une jeunesse à qui on ment.



Les autres chansons sont tout aussi réussies, en particulier « slow fast food love », thème d’amour de nos héros, mélancolique, romantique, et drôle. La relation des deux jeunes gens est d’ailleurs amusante, on s’attache rapidement à eux, et on espère assister à une issue positive. La galerie de personnages qui nous est présentée est dans l’ensemble plutôt inquiétante, du directeur de fast food ancien général du Ku Klux Klan, au cuisinier mexicain qui assaisonne les plats à sa sauce, en passant par une travailleuse qui porte le voile et que tout le monde prend pour une terroriste… Les acteurs s’en donnent à cœur joie pour notre plus grand plaisir !

Lorsque les zombies arrivent, L’atmosphère bon enfant (mais graveleuse, un paradoxe qui fonctionne !) ne disparaît pas du tout, le massacre se fait dans la joie et la bonne humeur. Une grande partie du budget a certainement été réservée pour le repas des zombies poulets qui vont dévorer, écarteler et éviscérer de l’humain pendant 5 bonnes minutes. Les amateurs de gore y trouveront leur compte, et les fans de zombies auront le plaisir de voir une approche originale du sujet. Enfin le film nous offre en conclusion un remake du clip de « thriller », dans lequel nos fameux poulets vont refaire Michael sur la chanson thème du film.



« Poultrygeist » est un film de cœur, hilarant de bout en bout, souvent dégoûtant, parfois écoeurant, mais d’une sincérité à toute épreuve, bourré d’humour et n’ennuyant jamais, jusqu’à une massacre de zombies du plus bel effet. Merci à Tanuki pour la découverte ;-)